Les Disparues

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Nouveau-Mexique, fin du XIXème siècle… Maggie Gilkeson est une «guérisseuse», l’équivalent de ce que nous appelons un médecin à notre époque. De nombreuses personnes viennent la consulter en ces temps troublés… En marge de cette activité des plus altruistes, la jeune femme s’occupe d’une ferme ! Mais elle peut compter sur le soutien de ses deux filles, Lilly et Dot, ainsi que sur celui de deux amis proches, Emiliano et Brake. Ce dernier et Maggie entretiennent d’ailleurs une relation amoureuse plus ou moins secrète… Un jour, un vieil homme mystérieux ressemblant à un indien débarque chez elle pour se faire soigner. Sauf que Maggie le connaît et comprend que sa blessure n’est pas la seule raison de sa venue… Il s’agit de son père, Samuel Jones ! Un père qui l’a abandonnée alors qu’elle était très jeune… Il veut se réconcilier avec sa fille mais comprend très vite l’impossibilité de la chose et repart aussitôt après quelques soins prodigués. Mais cette douloureuse réminiscence n’a pas le temps d’émouvoir Maggie plus que cela… Sa fille aînée, Lilly, vient de se faire enlever par une bande de déserteurs ! Malgré la «répugnance» de la chose, la doctoresse n’a pas d’autre choix que de faire équipe avec son père. Il a longtemps vécu avec les Chiricahuas, une tribu apache, et s’avère un pisteur hors pair ! Bientôt, la petite troupe composée de Maggie, Dot et Samuel comprend que les ravisseurs veulent vendre un groupe de femmes et passer la frontière mexicaine… Le temps presse ! Ron Howard n’est pas mon réalisateur préféré. Mis à part Willow, le reste est au mieux honnête… Et beaucoup de ses films sont bien trop manichéens et superficiels. Mais après avoir vu Les Disparues, force est de constater que notre cher Richie Cunningham (^^) a du potentiel ! Un western mystique bien documenté, haletant, accrocheur et crépusculaire digne du légendaire Impitoyable de Clint Eastwood ! Le réalisateur bouscule quelque peu les codes du genre en mâtinant l’intrigue d’une touche de fantastique fort bienvenue ! Construit à la manière d’un road movie, Les Disparues aborde peu de thèmes mais parlent tout de même intelligemment de famille, d’enfance et de nature (les paysages du long métrage sont époustouflants de beauté !). Le chamanisme est également évoqué mais Ron Howard ne s’est pas autant risqué que Jan Kounen sur le sujet (Blueberry). De nombreux points forts techniques viennent agrémenter ce merveilleux et sombre scénario: une solide interprétation (Cate Blanchett est incandescente mais peut se reposer sur l’excellent Tommy Lee Jones et la surprenante Jenna Boyd – Dot –), une photographie envoûtante, une magnifique B.O. et un montage réfléchi et astucieux. Alternant scènes d’action rondement menées et passages plus contemplatifs sans que le rythme ne perde de sa superbe (ce que peu de westerns savent faire !), Les Disparues devient logiquement l’un de mes westerns préférés que je range volontiers aux côtés du tout aussi inspiré Open Range… A voir absolument !