Le Projet Blair Witch

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Le film le plus rentable de l’histoire du cinéma est un film d’épouvante, qu’on se le dise ! Doté d’un budget d’environ 30 000 $ (pour seulement 8 petits jours de tournage), Le Projet Blair Witch rapporta approximativement 250 000 000 $ au niveau international !!! Mais, nous sommes bien d’accord, cela n’est pas un gage de qualité. Il y a deux camps : les anti-Blair Witch (qui trouvent ce film trop simpliste, mal réalisé et joué, peu effrayant, …) et les pro-Blair Witch. Adhérant totalement au dernier camp, je m’en vais vous expliquer pourquoi je trouve cette histoire de fantôme géniale ! L’intrigue est assez simple mais très originale: trois étudiants en cinéma décident de faire un documentaire sur une forêt se trouvant près de Burkittsville (Maryland) qui, d’après certaines rumeurs, serait le théâtre d’étranges évènements. On dit qu’une sorcière hanterait les lieux… Malheureusement, nos trois «reporters en herbe» disparaissent mystérieusement. Un an plus tard, la bande vidéo du tournage est retrouvée sur les lieux de leur disparition et sera présentée quelques années après au grand public sous le titre... Le Projet Blair Witch ! Et c’est là que la fiction rejoint la réalité ! Car c’est en quelque sorte la manière dont a réellement été présenté le film ! Tel un véritable documentaire amateur retrouvé dans les bois qui contiendrait d’éventuelles informations sur la terrible disparition de trois jeunes vidéastes ! Voilà le premier point fort de ce long métrage: son marketing, sa communication. Bien avant la sortie du film dans les salles obscures, une vraie rumeur avait été lancée sur Internet pour le promouvoir: trois jeunes étudiants en cinéma auraient vraiment disparu dans une forêt en faisant un documentaire. Seule une cassette vidéo aurait été retrouvée… Et le film serait cette fameuse cassette ! Pour couronner le tout et enfoncer le clou de cette rumeur, de vraies affiches «Missing» circulaient sur la Toile et étaient réellement visibles dans le Maryland (voir un exemple d'affiche ci-dessous) ! L’ambiance est déjà bien installée avant que le film ne sorte et les futurs spectateurs peuvent déjà commencer à saliver ! C’est fortiche, non ? En plus, formellement, tout respire l’amateurisme… Ce qui rend encore plus «authentique» l’expérience de voir un vrai documentaire défiler devant nos yeux ! Caméra à l’épaule, problèmes de prise de son, montage inexistant, moments d’une totale vacuité, … Mais ne vous trompez pas. C’est un amateurisme maîtrisé à la perfection ! Réaliser un film d’épouvante efficace en faisant croire qu’il s’agit d’un documentaire amateur qui a mal tourné suppose que l’on sache précisément où poser sa caméra, créer des dialogues réalistes, dynamiques et propices à maintenir une tension permanente, alterner avec intelligence des passages d’une lenteur sidérante avec d’autres plus intenses (là encore pour maintenir la tension et jouer aux montagnes russes avec les nerfs du spectateur), … Cependant, les interprètes constituent LA clé de la réussite du film ! Deux trois bouts de ficelles en guise d’effets spéciaux, un pari risqué pour convaincre le public… Sauf si les acteurs jouent les amateurs perdus et effrayés à la perfection pour compenser cela… Ce qui est largement le cas ! Mention spéciale à Heather Donahue, merveilleuse de naturel ! Le Projet Blair Witch est le premier film d’épouvante (le terme horreur est ici quelque peu impropre) à utiliser uniquement la suggestion comme arme principale pour faire naître l’effroi et l’angoisse chez le spectateur. En effet, vous ne verrez ni sang ni violence… Chose peu commune dans ce genre d’œuvre (pour l’époque). Ici, tout n’est qu’ombres, petits bruits suspects et déplacements étranges d’objets. La scène où nos chers protagonistes sont prostrés dans une tente et entendent de lointains mais effrayants rires d’enfants est à glacer le sang de l’amateur de films d’horreur le plus chevronné ! La vision nocturne de la caméra pour les évènements se déroulant la nuit est un élément important (parmi tant d'autres) de l’efficacité du Projet Blair Witch. La tension s’en trouve décuplée grâce à ce simple mais astucieux artifice ! Ce sont ces nombreuses petites trouvailles qui font de ce film une réussite incontestable en matière d’épouvante. Le ton amateur et réaliste accentue l’angoisse du spectateur qui croit réellement assister à la projection d’un documentaire ! Bien que très décrié, The Blair Witch Project a influencé bon nombre d’œuvres devenues célèbres: Cloverfield, [REC], Paranormal Activity, … Mais lui-même fut très certainement influencé par des films cultes tels que les terrifiants (mais néanmoins excellents) C’est arrivé près de chez vous et Cannibal Holocaust ! Bref, si vous avez envie de vous faire peur sans pour autant subir les traditionnels torrents de sang et de violence, plongez dans l’aventure Blair Witch sans la moindre hésitation !

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