29 juin 2011

Hudson Hawk, gentleman et cambrioleur (de Michael Lehmann)

Hudson Hawk, gentleman et cambrioleur

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Avec 2 Razzie Awards obtenus en 1991 (équivalents des Oscars… Pour les plus mauvais films !), Hudson Hawk n’a pas vraiment marqué les esprits ni des critiques ni du public… Pourtant, ce film fourmille de bonnes petites trouvailles ! Et puis surtout, il faut le prendre pour ce qu’il est… C'est-à-dire une parodie ! Les tribulations de cet Arsène Lupin américain en quête «forcée» d’objets ayant été réalisés par Léonard de Vinci (rien que ça !) constituent un pur moment de détente et d’humour (pas toujours fin, je vous l’accorde…). Les deux points forts du film sont la distribution (Bruce Willis - parfait en pitre rusé et la classe totale dans son ensemble «long manteau-chapeau noirs» -, David Caruso, James Coburn, Andy MacDowell et Danny Aiello – entre autres) et les dialogues (bon nombre de répliques sont devenues cultes: «Bunny ! Baball ?» ou encore «Bounty. Un vrai goût d’paradis.»… Je sais… C’est c** !). Certaines scènes sont excellentes, comme celle où Hudson termine pile sa course-poursuite à la table du restaurant où il avait donné rendez-vous à Anna, ou encore celle où il fait face à son ancien «mentor», Kaplan, qui ne jure que par les arts martiaux ! D’autres sont plus décalées (le pape qui essaie de régler sa télé, la présentation des sbires de Kaplan qui ont chacun un nom de barre chocolatée en guise de nom de code, …). Le film se moque ouvertement des policiers, films d’espionnage et autres films d’aventures : tout le monde trahit tout le monde mais, à la fin, on reste amis quand même ; les personnages types de ce genre de film sont poussés à l’extrême (le couple de milliardaires excentriques très excentriques, le fondu d’arts martiaux qui prend des poses exagérées, les sbires un peu idiots qui sont ici très idiots – il suffit de voir Bounty lire son livre dans la voiture –, …) ; les combats finaux, ridicules, sont en décalage total avec une certaine tension palpable ; … Décomplexé et surfant sur un humour décalé, absurde et débile, Hudson Hawk fait partie de ces films «branchés» qui sont devenus cultes avec le temps ! Pour moi, il arrive bon deuxième dans cette étrange catégorie du «film le plus cool de l’histoire du cinéma», derrière l’indétrônable Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin ! Efficace !

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25 juin 2011

Une femme sous influence (de John Cassavetes) - Hommage à Peter Falk

«L’inspecteur Columbo est mort.», entend-on un peu partout… Certes, Columbo est une excellente série policière, très originale dans sa construction (le coupable était connu dès le début et le spectateur s’amusait à voir Columbo «torturer» le pauvre inconscient !). Et les revoir ne fait jamais de mal, au contraire ! Certains épisodes valent même les meilleurs films policiers du grand écran ! Mais n’oublions pas que Peter Falk, décédé jeudi 23 juin 2011 à l’âge de 83 ans, fut avant tout un acteur de cinéma… Et un très bon acteur qui plus est ! Pourtant, et même s’il a tourné pour Capra, Edwards, Wenders ou encore Friedkin (entre autres), ses choix de films restent parfois discutables… Personnellement, je retiendrai un seul et unique chef-d’œuvre : Une femme sous influence, réalisé par l’immense John Cassavetes ! Peter Falk a tourné quatre fois pour lui… Preuve que ce n’était pas qu’un «simple» acteur de série ! Un réalisateur comme Cassavetes ne devait pas accorder sa confiance à la légère, je pense ! J’ai vu Une femme sous influence et Opening Night… Mais pas Husbands ni Big Trouble. Concernant Opening Night, je ne le présenterai pas ici car Peter Falk n’y fait qu’une brève apparition. Je reviendrai ultérieurement sur ce film. Pour l’heure, mon hommage se focalisera sur Une femme sous influence qui est certainement la meilleure preuve du talent du regretté «inspecteur Columbo» !

Une femme sous influence

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Une femme sous influence nous narre l’histoire d’une mère au foyer qui craque complètement sous le poids de la pression exercée par la vie quotidienne, les contraintes socioculturelles et l’incompréhension chronique de ses proches à son égard. La pauvre Mabel (incroyable Gena Rowlands !), se sentant complètement démunie, va tout tenter pour se faire remarquer et montrer qu’elle existe en tant que femme ! Pour soutenir autant que contenir la prodigieuse performance de Gena Rowlands, il fallait au moins une performance d’égale qualité en face… Ce fut le cas… Et même bien plus ! Peter Falk, déjà bien connu à l’époque pour son rôle dans la série Columbo, arrive par instant à voler la vedette à l’actrice principale en interprétant avec subtilité un mari qui, au départ, se montre assez indifférent aux souffrances de sa femme et fait comme si de rien n’était, refusant de voir la gravité de la situation, et qui, au fur et à mesure que le film progresse, se montre plus compréhensif, protecteur, lucide et aimant avec elle. La scène du retour de Mabel chez elle (à la sortie de son internement) est décisive: Nick ne reconnaît pas du tout sa femme (semblable à une droguée) et souhaite à tout prix retrouver la vraie Mabel, celle qui avait un petit grain de folie, certes, mais qui avait quelque chose de différent, de personnel et de naturel (loin des "convenances") ! Plus Nick prend conscience que sa femme a besoin d'aide (et donc de lui), plus il laisse voir ses failles au spectateur qui constate finalement que lui aussi subit cette même pression sociale et cède par moments à la folie ! Une des plus impressionnantes compositions d’acteur que j’ai vue jusqu’à présent ! Pour autant, ce film ne serait pas aussi excellent sans l’œil de "documentariste" de Cassavetes à la réalisation, un œil qui place sa caméra avec une précision diabolique pour lui permettre de capter toutes les émotions nécessaires et mettre parfaitement en valeur la tension d’une scène ! L’ «American way of life» détruit comme un château de cartes ! Les thèmes abordés sont essentiels: place de la femme dans la société américaine, rapports de force entre la femme et l’homme dans le couple, inhumanité des méthodes des hôpitaux psychiatriques, famille, anticonformisme, folie, liberté, amour, … Une femme sous influence est un film que j’aurais pu volontiers placé dans mon Top 30 si Ken Loach n’était pas déjà passé par là avec son stupéfiant Family life ! D’une part, son film est antérieur à celui de Cassavetes et, d’autre part, sa démonstration, bien que moins réaliste que celle du réalisateur américain, s’avère plus percutante et efficace ! Néanmoins, Une femme sous influence est une œuvre maîtresse sur la condition féminine et l’intolérance récurrente de la société à l’égard de ceux qui ne rentrent pas dans le moule que l’on peut aisément ranger entre Family life et Un Ange à ma table ! S'il s'agit clairement d'un long métrage assez sombre, il porte malgré tout en lui une petite flamme d'espoir qui ne demande qu'à être préservée et grandir, grandir et grandir toujours plus ! Et le sort de cette flamme que l'on peut nommer "tolérance et respect" tient entre les mains de chacun des spectateurs ! L’un des meilleurs films du génie John Cassavetes !

EN SAVOIR PLUS:

Pour ceux qui désirent en savoir plus sur la vie et la filmographie de Peter Falk, vous pouvez visiter les deux pages Internet ci-dessous:

Peter Falk - Wikipédia

Peter Falk - Allociné

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23 juin 2011

Ocean's Eleven (de Steven Soderbergh)

Ocean's Eleven

Ocean_s_Eleven

Enchaînons avec un film plus léger et grand public mais qui n’en demeure pas moins de très belle qualité: Ocean’s Eleven ! L’histoire en quelques mots: Danny Ocean, tout juste sorti de prison, ambitionne de voler simultanément trois gros casinos de Las Vegas en réunissant une équipe de professionnels un peu «marginaux». Le Bellagio, le Mirage et le MGM Grand appartiennent tous à un seul homme: Terry Benedict… Un terrible homme d’affaire qui n’est autre que l’homme ayant «ravi» l’ex-femme de Danny… Notre brave Ocean fera-t-il passer son intérêt personnel (récupérer celle qu’il aime) avant celui de son équipe (réussir le coup du siècle) ? Ou sacrifiera-t-il son amour sur l’autel de l’argent ? Inutile de faire durer un suspense qui n’en est pas vraiment un (puisque presque tout le monde a vu cette œuvre)… Danny choisira les deux ! La parfaite retranscription de l’atmosphère «gambling» et sulfureuse de Vegas est, à mon sens, l’une des clés de la réussite du film ! La réalisation et la photographie participent bien sûr à cet effet, mais c’est sans conteste la B.O. (exceptionnelle ! Du grand David Holmes !), le montage, les décors et les costumes qui sont les très très gros points forts d’Ocean’s Eleven ! Concernant la B.O., vous la trouverez ci-dessous (via un lien vers Deezer). Mon titre préféré: $160 Million Chinese Man ! En écoutant ce titre, je revois toujours ce moment génial du film où Terry Benedict comprend qu’il vient de se faire avoir en beauté sur tous les plans et, tournant le dos à la caméra, repart impuissant mais d’un pas décidé vers la petite salle dans laquelle Danny se fait «interroger»… Magistrale petite scène qui doit beaucoup au talent d’Andy Garcia, sans aucun doute le meilleur acteur dans le film de Soderbergh. Toutes et tous sont très bons mais lui arrive à imposer une présence que les autres peinent un peu à avoir (en même temps, dur dur de sortir son épingle du jeu au sein d’une si prestigieuse distribution !)… Excepté peut-être Elliott Gould, parfait en excentrique patron de casino déchu ! De l’action, du suspense, des rebondissements, de la super musique, … Du pur divertissement tout ce qu’il y a de plus classique mais tellement maîtrisé ! Un film de «potes» qui oscille entre comédie (les dialogues sont bourrés d’humour et George Clooney confirme son énorme potentiel comique), film de gangsters et polar un peu sombre (mais vraiment un tout petit peu !) et qui se déguste comme une bonne glace… Juste pour le plaisir simple, mais pourtant rare, de passer un bon moment de détente absolue !

B.O. d'Ocean's Eleven sur Deezer

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19 juin 2011

Princesse (d'Anders Morgenthaler)

Princesse

Princesse

Princesse… Attention au titre particulièrement trompeur ! J’ai longtemps hésité à faire une petite chronique sur ce film, ne sachant que penser de la qualité de l’œuvre en question. Si j’avais voulu ne prendre aucun risque, j’aurais fait une critique "pour" et une critique "contre"… Un peu à la manière de ce que fait Télérama de temps à autre… Au final, après mûre réflexion, j’opte pour le côté "lumineux" de la Force ! Avant toute chose, je vais être clair: ce film d’animation danois (qui contient quelques scènes réelles jouées par de vrai(e)s actrices et acteurs) est à déconseiller aux moins de 16 ans et aux âmes sensibles ! Pour vous donner une idée, Princesse est très proche du niveau de violence de Kill Bill: Volume I (dont il s’est un peu inspiré, d’ailleurs)… En fait, il le dépasse même un peu ! Pour ceux qui veulent en savoir plus, suivez le guide ! Le scénario raconte l’histoire d’August, un prêtre missionnaire qui revient de l’étranger à l’annonce de la mort de sa sœur Christina. Cette dernière, célèbre star du porno, a lentement sombré dans l’alcool et la drogue pour ne plus jamais s’en relever… Rongé par un fort sentiment de culpabilité et une colère sans fin, August tente d’élever tant bien que mal la jeune fille de sa sœur, Mia, et va mener en parallèle une quête vengeresse aussi implacable que sanglante contre ses bourreaux ! Dénoncer le système de la pornographie (comment elle exploite l’être humain et se diffuse de manière insidieuse dans toute notre société) à travers la vengeance extrême dispensée par un prêtre en quête de "rédemption"… N’y voyez là aucune allusion religieuse ! Princesse est comme une gigantesque claque. Sauf qu’en guise de main, c’est la vision d’une société ultra violente, perdue, sans valeur, déshumanisée, dominée par l’argent et loin des préoccupations de l’enfance qui nous arrive en pleine face ! Si vous tenez absolument à trouver quelque chose de religieux dans ce film, on peut éventuellement dire que le réalisateur est convaincu que la religion n’est pas la clé de l’avenir du genre humain. Personnellement, je le rejoins volontiers sur ce point ! Le réalisateur, Anders Morgenthaler, n’hésite pas à abuser de scènes gores et choquantes (celle où Mia participe au meurtre d’un producteur de films X est tout simplement horrible à regarder…) pour illustrer son propos… Tout ceci est discutable, je le conçois aisément. Nécessaire ? Là aussi, c’est discutable ! Mais les nombreuses critiques qui ont jugé la démonstration aussi inepte qu’outrancière sont un peu trop catégoriques à mon goût. Si je doute encore un peu du caractère essentiel de cette œuvre, j’étais tout de même presque "contraint" de faire une chronique "pour" tant les nombreux jugements hâtifs, catégoriques et négatifs pullulent ! Un film a toujours au moins une chose de potable, quelle qu’elle soit. Costumes, B.O., décors, … Ce côté catégorique et "juge de paix" est un mal bien trop répandu dans l’actuel petit monde de la critique (hein, messieurs des Inrocks…). Pour en revenir à Princesse, soulignons également la qualité de l’animation et de la B.O., assez angoissante… Les rares scènes jouées sont aussi solides, notamment grâce à la très bonne tenue de l’interprétation. Pour conclure, Princesse est un film subversif abordant de vrais thèmes d’actualité (la pornographie, l’éducation des enfants, la violence, …) et qui me semble utile. Sa démonstration est extrême et en fait une œuvre à ne pas mettre devant n’importe quel œil. C’est paradoxal mais je pense qu’il convient de la regarder plusieurs fois pour vraiment la saisir ! Mais est-il possible de la regarder plusieurs fois ? C’est autre chose… Une curiosité très dérangeante mais aussi très originale et émouvante qui invite à la réflexion malgré un fond pouvant paraître à première vue superficiel. Donnez-lui une chance !

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12 juin 2011

Mon Top 15 Documentaires

Je me méfie des documentaires... On peut leurs faire dire ce que l'on veut. Malgré cela, j'ai tenté de dégager un classement de mes documentaires préférés. Mon ressenti sur la sincérité du propos a été le premier critère de sélection. Viennent ensuite les thèmes abordés et la qualité du travail d'enquête. Mon numéro 1 risque peut-être de vous surprendre... Mais il reflète parfaitement ce que je pense de ce genre aussi essentiel que trompeur. Je reste persuadé que les pures fictions sont bien plus honnêtes et "objectives" (ce mot a-t il vraiment un sens et une réalité ?)...

Num_ro_1___OrTerre sans pain

Terre_sans_pain

Luis Buñuel a fait très fort avec ce petit documentaire méconnu d’une clairvoyance folle ! Si vous le prenez au premier degré, vous y découvrez la misère qui régnait dans la comarque des Hurdes (nord de l’Extrémadure) dans les années 30… Une communauté isolée, vivant une souffrance quotidienne… Tragique. Mais une fois ce premier degré passé, les vraies intentions du réalisateur de Los Olvidados sont toutes autres ! Terre sans pain est un documentaire sur l’exercice du documentaire ! ! ! Il dénonce les côtés "anthropologue froid" et "exotique" des documentaires de l’époque (cette dénonciation, à mon sens, peut s’appliquer encore aujourd’hui !) dans lesquels des hommes soi-disant civilisés vont à la rencontre d’hommes qu’ils jugent sauvages pour les filmer dans leur "milieu naturel" comme on filme des animaux ! Allons encore plus loin ! Une scène de ce documentaire est devenue culte… Il s’agit de celle où l’on voit une chèvre tombant d’une falaise. Innocente séquence à première vue... En réalité, il faut savoir que Buñuel lui-même a tiré sur ce pauvre animal avec une arme à feu pour que cette scène de la chèvre colle avec le propos général du documentaire qui est de montrer à quel point le relief des Hurdes est difficile… Même pour les animaux ! La première fois que vous voyez Terre sans pain, vous vous laissez prendre au piège ! Mais quelque chose me gênait tout au long du visionnage de cette œuvre, une chose qui m’a finalement poussé à creuser tout ça… Son côté sarcastique ! Luis Buñuel a fait coup double: il a alerté le monde sur la situation préoccupante des Hurdes (car, même si son film use de procédés manipulateurs, la situation des Hurdes dans les années 30 était bien celle-ci !) et a montré que le genre du documentaire était, est et restera un genre à prendre avec des pincettes ! Un vibrant plaidoyer pour la dignité !

Num_ro_2___ArgentNotre pain quotidien

Notre_pain_quotidien

Notre pain quotidien (à ne pas confondre avec Notre poison quotidien – voir ci-dessous –) est, après Terre sans pain, le seul documentaire qui peut prétendre véritablement au qualificatif de documentaire. Le film aborde l’agroalimentaire (c’est à dire la transformation des "produits" agricoles – vaches, légumes, … – en nourriture, en gros) et l’automatisation des procédures qui le composent. Un thème aussi intéressant que capital à l’heure actuelle… Mais l’originalité et la force de l’œuvre résident dans son traitement formel ! Entièrement muet et "silencieux" (aucune B.O., aucun dialogue, …), Notre pain quotidien prend le parti judicieux de plonger le spectateur dans un système cauchemardesque, le laisse avoir sa propre opinion sur le sujet et aiguise sa curiosité. Aucun propos orienté ne vient déformer le caractère à la fois brut et authentique des images. Et, croyez-moi, inutile de les accompagner par des mots pour se faire une idée de la cruauté dont l’homme est capable ! Mais, comme je le disais dans mon article sur La Sortie de l’Usine Lumière à Lyon, "dès que vous prenez une caméra et que vous la tournez vers quelque chose de précis, vers une cible bien définie, toute objectivité est perdue.". Le simple fait de filmer est en soi subjectif… Malgré cette vérité immuable, force est de constater et d’applaudir les efforts faits par Nikolaus Geyrhalter pour rendre son travail le plus objectif, sérieux et sincère possible ! Mais attention: âmes sensibles s’abstenir ! Certaines scènes (je repense à celle dans l’abattoir et à cette pauvre vache) demandent du cran pour les endurer… Cependant, je pense qu’il s’agit d’une épreuve nécessaire afin de comprendre qu'il est urgent pour l'homme de redevenir plus humain avant d'envisager un quelconque changement en profondeur du vaste univers de l'agroalimentaire. Un incontournable !

Num_ro_3___BronzeLe Monde selon Monsanto / Notre poison quotidien

Le_monde_selon_Monsanto Notre_poison_quotidien

Ces deux documentaires ont tant fait parler d’eux qu’il est presque devenu inutile de les présenter… J’ai bien dit presque ! J’ai décidé de faire une seule chronique pour ces deux films car ils sont très complémentaires et peuvent être considérés comme une seule et même œuvre. Celle de Marie-Monique Robin, une journaliste qui fait vraiment son travail puisqu’elle enquête ! Hoooooo, quel horrible mot que je viens de lâcher là ! Toutes mes excuses à cette caste si… … … impliquée dans ce qu’elle fait ! C’est ça… "Impliquée" ! Enfin… Revenons plutôt aux pesticides, fongicides, conservateurs E666 et autres horreurs que nous ingurgitons quotidiennement sans nous en rendre compte… Ou plutôt en fermant les yeux. Mais, à la décharge du consommateur, peu d’alternatives pratiques s’offrent à lui. Regardez les emballages de ce que vous consommez et vous vous rendrez compte que très peu de produits sont parfaitement sains… Le Monde selon Monsanto retrace l’imbuvable parcours d’une entreprise qui a usé de procédés crapuleux (rapports mensongers et corruptions en tout genre, entre autres) pour s’imposer comme le plus grand semencier de la planète à l’heure où je vous parle. Peu importe que cette firme criminelle ait favorisé les cultures OGM, de toute manière il n’y a aucun contrôle digne de ce nom effectué par les autorités sanitaires ! C’est là que la transition et le point commun à ces deux films apparaît: les contrôles sanitaires ! Notre poison quotidien décortique l’effrayante "incompétence" d’autorités comme l’EFSA ou encore la FDA en matière de contrôles sanitaires sur les pesticides, colorants, conservateurs, arômes et édulcorants artificiels et autres produits chimiques présents dans notre chaîne alimentaire. Enfin, quand je dis incompétence, on peut se poser des questions… C’est une incompétence "voulue", dirons-nous… Savez-vous ce qu'est la D.J.A. ? Il s'agit de la Dose Journalière Acceptable (ou parfois Admissible, comme vous voulez)... Certes, mais ça ne vous dit toujours pas ce que c'est vraiment ! Et bien c'est la quantité d'une substance chimique qu'il est jugé possible d'ingérer dans une journée... Mais qui décide de cela ? Et surtout COMMENT ? On nous dit, en gros, que l'on peut ingérer du poison jour après jour sans craindre le moindre problème de santé... Vous trouvez cela crédible, vous ? En plus, quid des interactions entre les divers et nombreux produits chimiques que nous avalons ? Comment le consommateur peut-il être informé convenablement de tout ceci ? Notre poison quotidien avance l'idée qu'il est vital de rénover la réglementation des substances chimiques... Et le prouve ! Mais l’argent et la santé des êtres humains… Je vous laisse deviner laquelle de ces deux choses pèse le plus non seulement dans la balance des multinationales mais aussi dans celles des instances sanitaires et des gouvernements ? … … … Trouvez-vous normal que des hauts responsables de l’EFSA et de la FDA aient des intérêts financiers personnels dans des entreprises comme Coca-Cola ou encore Danone ? Toujours dans ce documentaire, l’aspartame est également mise en avant et un combat (n’ayons pas peur des mots) est actuellement engagé entre ceux qui ont des intérêts financiers dans ce produit et des victimes qui luttent pour faire reconnaître que leur santé s’est dégradée à cause de ce fichu E951 qu’on nous a longtemps vendu comme l’alternative miracle au sucre… Comme si le sucre nécessitait une alternative ! ! ! Ridicule… L'enquête de la réalisatrice révèle aussi des concordances réelles entre ce que nous mangeons et l'augmentation de certains cancers en Occident (la durée de vie commence même à régresser très légèrement dans certains pays, comme par exemple les Etats-Unis !). Certains pays orientaux, quant à eux, ne connaissent pas les problèmes que nous avons avec cette maladie car leur assiette n'est pas du tout la même que la nôtre ! L'exemple donné par le film de ce village en Inde est assez éloquent: aucune personne n'est grosse et le cancer est une maladie rarissime et quasi abstraite pour les habitants ! Ils consomment quotidiennement du curcumin, une épice réputée pour ses vertus anti-cancer... Il n'y a pas de secret ni de miracle: si nous nous tournions un peu plus vers des produits plus naturels, les cancers ne proliféreraient pas autant. Ce qui est fort appréciable chez Marie-Monique Robin, c’est que la parole est vraiment donnée à tout le monde, à tous les "camps" (témoignages de victimes, d’agriculteurs [petite parenthèse: l'un deux, souffrant d'une leucémie en phase terminale à cause de la manipulation de fongicides et pesticides, montre un courage exemplaire en prenant la parole vers le début de Notre poison quotidien pour dire tout haut ce que bon nombre de ses "collègues" pensent tout bas et refusent d'admettre: l'utilisation de pesticides est néfaste non seulement pour les cultures et les consommateurs mais aussi et avant tout pour les agriculteurs qui les emploient ! ! ! Cette personne, Yannick Chenet, est décédée depuis...], de patrons, de scientifiques, …). Difficile de l’attaquer par conséquent ! Et, de toute manière, il n’y a aucune raison de le faire ! Essayez de consommer bio le plus possible (mais attention: encore trop d’aliments bio utilisent de l’huile de palme – je pense, entre autres, aux marques BIO Village, Bjorg, ... – et d’autres produits peu catholiques !), c’est un moindre mal… Bref, deux documentaires à voir absolument ! … … … Et vive le GOJI ! ! !

4- Guerre et paix dans le potager

Guerre_et_paix_dans_le_potager

Certains (parmi ceux qui le connaissent) se demanderont peut-être pourquoi je classe ce documentaire si haut dans mon Top alors qu’il paraît assez banal à première vue… Le traitement technique de ce film en deux parties peut, certes, être qualifié de "banal". Et encore… Certains plans sont assez originaux et l’ensemble est très bien réalisé. Bref… Ce qui rend ce documentaire unique, et le mot est faible, c’est le sujet qu’il traite ! Faire un potager en laissant la nature (et elle seule !) œuvrer est une magnifique idée… Irréalisable ? Ici, nul insecticide, pesticide et autre horreur chimique risquant de détruire massivement la faune, la flore et les sols ! Cette œuvre, surtout dans sa seconde partie (vidéos 4 à 6 ci-dessous), prouve qu’un potager peut être bien géré si l’homme sait s’adjoindre les services des meilleurs "assistants jardiniers" au monde: les insectes ! Les larves de coccinelle, la coccinelle elle-même et des guêpes parasites pour lutter contre les pucerons et les "mouches blanches", la demoiselle aux yeux d'or pour préserver les choux, les araignées, … Un vrai jardin bio est possible si l’on connaît un minimum la nature ! C’est-y pas beau, ça ? Pas besoin d’être entomologiste (c’est le mot du jour ^^) ! Si chacune des personnes possédant un jardin ou un potager prenait conscience de cela et l’appliquait, ce serait déjà pas mal ! Quant aux gros agriculteurs, j’espère que des projets exploitant cette idée d’une coopération entre l’homme et l’insecte sont envisagés, voire en cours… Le mot harmonie trouve tout son sens avec ce splendide documentaire que je vous conseille vivement ! - Petit rajout du 13/06/2011 -: Suite à un commentaire très intelligent d'une amie blogueuse (Dom, pour ne pas la citer ! ^^), je voulais préciser pour ceux qui tenteraient (ou tenteront) l'aventure du potager naturel que les légumes n'auront pas nécessairement les têtes qu'ils ont sur l'étal d'un marché classique. Mais dites-vous bien qu'ils n'auront pas non plus les mêmes saveurs... Ils seront très certainement bien meilleurs ! ! ! On ne mange pas un légume parce qu'il est joli, non ? Comme je le disais d'ailleurs en réponse au commentaire de mon amie, il est vital de faire redécouvrir les véritables saveurs de nos légumes, fruits et autres produits agricoles aux enfants et de casser les fausses représentations que tout un chacun peut avoir de ces produits et qui tiennent plus de l'image d'Epinal. L'école étant le meilleur vecteur pour ça, pourquoi ne pas réfléchir sur une généralisation de cours d'horticulture dès le primaire... ? Certaines actions ponctuelles existent déjà, comme par exemple ce que propose l'APACRETE (à Ingré, dans le Loiret). Il faut y croire ! Je remercie Dom de m'avoir transmis la vidéo de cet exceptionnel documentaire et je vous l'offre bien volontiers à mon tour !

5- L'Europe plume l'Afrique

L_Europe_plume_l_Afrique

Voici un documentaire allemand méconnu qui nous montre des industries agroalimentaires européennes "nourrissant" l'Afrique avec les restes des découpes de poulets congelés dont les blancs sont destinés aux européens (puisque, paraît-il, l’européen moyen adore le blanc et uniquement le blanc !). Les conséquences sont catastrophiques sur le plan sanitaire (le transport douteux de marchandises non moins douteuses congelées), mais également sur le plan économique car les éleveurs de poulets locaux d'Afrique de l'Ouest n'arrivent plus à vendre leurs produits (pourtant de bien meilleure qualité) et font faillite ! Si seulement les européens avaient l’idée de moins produire de poulets ! Le continent africain ne serait peut-être pas envahi ainsi par nos sordides restes… Mais c’est aussi à nous, consommateurs, de "ralentir" sur le poulet ! Je n’appelle pas à un boycott, mais plutôt à une modération de notre consommation de volailles. Tout au moins dans un premier temps ! De toute manière, si vous saviez ce qu’est l’"élevage" de volailles en France - entre autres pays - (le film le montre un peu)… Vous ralentiriez votre consommation de vous-même ! A ce sujet, je vous conseille le livre de Jonathan Safran Foer, Faut-il manger les animaux ? . Un documentaire d’utilité publique et qui nous appelle à prendre nos responsabilités ! Petit bonus, vous trouverez ce film en vidéo un peu plus bas ! J’suis sympa, non ?

6- La bataille du lait

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Très proche de l’Europe plume l’Afrique dans l’"idée mère", La bataille du lait dénonce encore une fois les conséquences désastreuses sur l’économie locale africaine de pratiques douteuses bien européennes, elles… Les subventions européennes adressées aux producteurs de lait de l’U.E. favorisent principalement les gros producteurs laitiers, tout le monde le sait… Mais ce que le consommateur européen lambda ignore peut-être, c’est que les subventions allant essentiellement chez les "gros", elles favorisent la surproduction qui, du coup, s’étend au marché international… Et, encore une fois, les prix sont cassés en Afrique pour écouler ce surplus de lait empêchant ainsi la production laitière africaine locale de se développer, voire même d’exister (tout simplement) ! L’ingérence de l’Europe… Le contrôle, l’argent, … L’Europe contrôle l’Afrique et ne l’aide pas du tout à grandir, à s’épanouir ! Elle préfère écouler sa marchandise (quelques soient les conditions de transport, de conservation, …) pour se faire du fric et ne pas permettre au continent africain de se développer… Comme ça, le peuple africain aura toujours besoin des gentilles entreprises européennes (et américaines, …) pour l’aider et ne pourra pas faire autrement que d’acheter ce qu’on lui impose (et c’est bien le mot) ! Révoltant ! Là encore, vous trouverez la vidéo ci-dessous.

7- Le mensonge vert

/ PAS D'IMAGE NI D'AFFICHE /

Les biocarburants sont-ils l’avenir ? Possible, mais la manière dont ils sont conçus à l’heure actuelle est inacceptable ! Et Le mensonge vert apporte un éclairage intéressant sur la question. En Indonésie, la déforestation massive ne s’arrête plus ! Pourquoi ? La fameuse huile de palme bien sûr ! Si l’huile rapporte beaucoup à ceux qui l’exportent vers nos chères contrées, sa production entraîne une misère terrible chez les populations locales: la biodiversité est détruite, les paysans perdent leurs terres cultivables, … Mercedez-Benz, quant à elle, est allé voir en Inde une autre "source verte"… L’entreprise fait reposer son programme de biocarburant sur le jatropha, une plante dont la production évite que l’on s’attaque aux cultures locales, certes, mais qui s’avère toxique pour l’homme et l’animal. Les biocarburants sont-ils l’avenir ? Pas au détriment de certaines communautés, pas au détriment de la santé de l’être humain. Là, vous pouvez agir à votre niveau: ne consommez pas de produits à base d’huile de palme ! Et il y en a des tonnes, croyez-moi ! Les gâteaux en sont truffés (par exemple) ! Méfiez-vous aussi des produits sur lesquels est inscrite la mention "huile végétale", sans précision (est-ce du colza ? du tournesol ?, … ?)… Bien souvent, il s’agit d’huile de palme ! N’est-ce pas Monsieur Nutella ? Le mensonge vert est un documentaire courageux que je vous invite vivement à regarder ! Aucune excuse pour ne pas le faire, la vidéo se trouve ci-après !

Vidéos des films L'Europe plume l'Afrique, Le mensonge vert et La bataille du lait (ces trois films furent diffusés à l'occasion d'une soirée spéciale concoctée par ARTE)
















8- We Feed the World - le marché de la faim

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Le gaspillage des ressources terrestres trouve en ce documentaire deux passionnants chantres: Erwin Wagenhofer (le réalisateur du film, bien sûr) et surtout Jean Ziegler, un homme qui me semble assez concerné par ce qu’il raconte et défend pour le croire honnête. Irrigations artificielles des cultures (pourquoi ne pas utiliser ce que la nature nous offre d’elle-même, sans la "violer" ?) générant des pénuries d’eau, aliments produits en trop grande quantité et jetés alors que de nombreux peuples meurent de faim, … Inutile d’aller plus loin. Assez alarmiste mais délivrant quelques pistes de réflexions intéressantes, We Feed the World essaie de nous guider vers la voie d’une agriculture mesurée, intelligente et humaine. Il tente également de faire comprendre au spectateur que sa manière de consommer participe au maintien de ce système, de cette agriculture intensive. Apprenons à consommer moins et à partager davantage nos ressources avec les pays qui ne peuvent les exploiter ! Si ces pays n’ont pas le savoir requis pour les exploiter, il faut leurs apprendre à le faire et non les obliger à consommer ce que quelques pays seulement peuvent et/ou savent faire… Le partage des ressources terrestres est une chose, mais il doit s’accompagner du partage des connaissances, du savoir dans le domaine de l’exploitation de ces ressources. Mais avant de distribuer cette connaissance, les pays qui se vantent de la posséder devraient d’abord se remettre en question et réfléchir à des solutions concrètes pour "rénover" l’agriculture ainsi que l’idée même de consommation ! Sans ce travail aussi technique (il faut donner de l’argent aux chercheurs dans ce domaine, c’est essentiel) que philosophique, rien n’avancera…. C’est aussi et surtout ça l’écologie.

9- Home (documentaire déjà chroniqué - cliquez sur le titre pour voir l'article)

Home

10- Voyage sous les mers 3D (documentaire déjà chroniqué - cliquez sur le titre pour voir l'article)

Voyage_sous_les_mers_3D

11- Océans (documentaire déjà chroniqué - cliquez sur le titre pour voir l'article)

Oc_ans

12- Bowling for Columbine

Bowling_for_Columbine

Les armes à feu et les Etats-Unis… Beaucoup de fictions ont traité ce thème (je pense notamment à Chute libre, réalisé par Joel Schumacher) mais peu de documentaires. Avec Bowling for Columbine, Michael Moore part de la terrible tragédie du lycée Columbine pour s’interroger sur le lien étroit entre le peuple américain et les armes à feu. Il met en valeur la folie de beaucoup de ses compatriotes à coup de documents et témoignages chocs (des témoignages de rescapés de Columbine, des enregistrements de caméras de surveillance du lycée, la «rencontre» avec Charlton Heston – pro-armes à feu –, …) mais fait également un parallèle judicieux (bien qu’évident) entre la violence interne au pays et les nombreuses interventions de l’armée américaine au cours du XXème siècle (Corée, Vietnam, Irak, Kosovo, …). De même, et c’est là le propos le plus intéressant du film, Moore défend le fait que cette «passion» pour les armes à feu et la violence en général découle d’un manque cruel de propositions sociales de la part du gouvernement américain. Le «rêve américain» attire chaque année de nombreux immigrés et clandestins qui se retrouvent vite parqués avec les autres «minorités» déjà bien en place dans le pays… Comme rien n’est fait pour les accueillir ni les intégrer, les autorités américaines se contentent de les surveiller et d’appliquer une certaine répression en cas de problèmes (regardez le film District 9 à ce sujet). Même chose pour les classes sociales américaines les plus défavorisées… En fait, qu’il s’agisse des immigrés, des clandestins et des américains de souche souffrant de pauvreté, la solution du gouvernement américain et de sa fameuse Constitution pour régler les problèmes sociaux est la violence… Et donc les armes à feu ! Il ne faut surtout pas que le gentil contribuable super friqué de Beverly Hills soit stressé dans sa villa ultra protégée. Il a bien raison d’avoir une arme à feu pour se défendre ! De toute manière, le gouvernement l’y encourage puisqu’il se fiche royalement de trouver des solutions pacifiques pour aider ses âmes délaissées. Je suis sarcastique ? Si peu en comparaison de Moore ! Car c’est sa marque de fabrique ! Il mêle humour (souvent noir) et gravité avec beaucoup de talent et rend ainsi son documentaire très percutant ! La B.O. est également travaillée et le montage très constructif. Je vous conseille de regarder ce film juste après Elephant, de Gus Van Sant, une fiction qui relate et revisite de manière glaciale le massacre de Columbine. Quand on pense qu’il suffirait simplement d’interdire la détention de la moindre arme à feu… Pardon ? Le lobby des armes à feu ? ... ... ... Haaaaa oui, j'oubliais...

13- La face nord de l'Eiger (The Beckoning Silence)

La_face_nord_de_l_Eiger

Joe Simpson est un miraculé ! Il a touché la Mort du bout des doigts lors d’une escalade qui a mal tourné dans la Cordillère des Andes, plus précisément au Pérou (1985). A l’occasion de ce documentaire, il nous fait revivre la tragique histoire d’un groupe d’alpinistes qui a tenté l’ascension de la terrible face nord de l’Eiger en 1936, une escalade parmi les plus dangereuses au monde et qui n’avait jamais été réussie à l’époque ! L’histoire de Toni Kurz et des alpinistes chevronnés qui l’accompagnèrent dans cette aventure plus qu’extrême a été un élément déclencheur de la passion de Simpson pour ce «sport» où la vie et la mort se confondent. Et c’est bien là le sujet du film: des hommes comme Kurz ou Simpson défient l’altitude et risquent la mort pour toucher au plus près l’essence même de la vie ! Si le récit de l’expédition Kurz est palpitant, il est encore plus fascinant de voir Simpson expliquer pourquoi il ne peut se passer de l’alpinisme malgré son expérience traumatisante… Tout cela nous interroge sur la différence entre vivre et survivre… Simpson est-il un survivant ? Au sens où tout le monde l’entend, oui… Mais, pour moi, c’est un vrai vivant ! Des sommets comme le K2 et l’Eiger obligent certes les hommes à survivre tant bien que mal sur le plan «physique», mais permettent paradoxalement à ces mêmes hommes de ressentir ce qu’est véritablement la vie sur le plan spirituel. Autrement dit, c'est quand on est sur le point de perdre la vie que l'on se rend mieux compte de son importance ! Le souffle de la Mort sur notre nuque nous permet d'être moins aveugle et d'avoir ainsi une meilleure perception des véritables priorités dans la vie. C’est très difficile pour moi d’expliquer cela car je n’ai jamais connu de situations semblables à celles vécues par Simpson… Le mieux pour vous est encore de regarder ce magnifique documentaire, une aventure humaine incroyable et un superbe hommage aux nombreuses victimes de la montagne !

14- Lost in La Mancha

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Terry Gilliam a connu cette expérience troublante de voir son cauchemar filmé ! Et nous, infâmes spectateurs que nous sommes, nous nous délectons avec sadisme de ce qui arrive au pauvre réalisateur de Brazil sur le tournage de son Don Quichotte (qu’il ambitionnait comme son œuvre la plus importante et qu’il a, actuellement, l’intention de reprendre): pluies diluviennes et coulées de boue monstrueuses, base aérienne à proximité du lieu de tournage, acteurs à la santé fragile ou épuisés (Jean Rochefort et Johnny Depp), producteurs qui n’y croient plus, … Plus sérieusement, on est partagé entre admiration (pour la ténacité de l’ex Monty Python), tristesse (de voir un projet partir lentement en fumée devant nos yeux) et fous rires (tant de choses invraisemblables arrivent au film de Gilliam que cela en devient comique). Ce documentaire filme avec pudeur l’histoire d’un tournage catastrophique et nous en apprend pas mal sur la partie «bassement» matérielle de la création d’un film. Terry Gilliam est un réalisateur rarement soutenu à fond par ses producteurs. Il a souvent dû lutter pour faire aboutir ses films car il ne fait pas du cinéma pour se faire de l’argent mais pour dire des choses, défendre des idées. Et quand quelqu’un qui n’est pas «bankable» connaît des difficultés de tournage, les rats quittent vite le navire ! Les producteurs ne sont pas là pour prendre des risques ! Non mais… Michael Bay n’a pas dû connaître ça très souvent… Pour ne pas dire jamais ! Un film captivant qui nous montre une autre facette du cinéma, une facette complètement à l’opposé de celle que l’on voit dans les making-of débiles et pompeux des DVD de blockbusters où tout le monde se jette des fleurs… Et gardons à l’esprit que c’est Terry Gilliam qui a des problèmes… Imaginez comment se passent les tournages pour les petits réalisateurs inconnus… Le cinéma, un petit monde qui tourne en rond ?

15- Stop Making Sense (documentaire déjà chroniqué - cliquez sur le titre pour voir l'article)

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06 juin 2011

X-Men : Le Commencement (de Matthew Vaughn)

X-Men : Le Commencement

X_Men_Le_Commencement

En voilà une belle surprise ! Mais pour être honnête, il s’agit d’une demi-surprise… X-Men : Le Commencement a été réalisé par Matthew Vaughn, le réalisateur du génial Kick-Ass (mais attention, les deux films ne se ressemblent pas vraiment !). Et c’est ce qui m’a poussé tant bien que mal à voir ce film au cinéma… Car au début, je n’étais pas très chaud pour y aller ! En effet, les précédents X-Men ne m’avaient guère convaincu (hormis un deuxième opus plutôt bon) et ne faisaient pas du tout le poids face à des franchises comme Spider-Man ou encore Iron Man. Mais la présence du réalisateur Matthew Vaughn me titillait… «S’il est là, ça peut valoir le coup !», me répétais-je pour me rassurer avant d’entrer dans la salle. Et bien, croyez-le ou non, je suis très loin d’avoir regretté l’expérience X-Men : Le Commencement ! L’histoire, qui relate la «naissance» des X-Men (rencontre entre Charles Xavier et Erik Lensherr, création du vaisseau de l’équipe, …) en pleine guerre froide, est basée sur un scénario offrant d’excellents rebondissements (notamment quelques trahisons et alliances bien senties) et de jolies trouvailles (comme la brève mais jubilatoire apparition de Logan ou encore celle très furtive de Tornade enfant !). L'intégration d'éléments fictionnels à un contexte historique bien réel est habile, cohérente et fort appréciable (intéressant traitement de la fameuse crise des missiles de Cuba). L’action est toujours au rendez-vous et certaines scènes sont dantesques (les retrouvailles d’Erik et du meurtrier de sa mère, l’attaque du complexe secret de la C.I.A. par les «mauvais» mutants de Shaw, …) ! Mais si le scénario, la réalisation et les scènes d’action sont impeccables, il convient également de souligner d’autres points forts participant grandement à la réussite du film: la distribution (actrices et acteurs sont toutes et tous très bons, mais mention super spéciale à l’immense Kevin Bacon et son charisme saisissant !), les effets spéciaux, la B.O. (avec quelques titres pouvant paraître incongrus mais s’avérant finalement judicieux) et le montage. Je me dois aussi de rendre hommage au très beau générique de fin animé qui fait preuve d’une agréable originalité en comparaison de ce que propose le film de super-héros «basique». Enfin, je ne pouvais terminer mon petit speech sans vous dire que X-Men : Le Commencement dispense un joli message de tolérance: apprenons à accepter autrui tel qu’il est pour poser les saines bases d’une cohabitation sereine. Ca, c’est le fameux message de ce bon vieux Xavier ! Erik, lui (et quelques autres comme Mystique), est intéressant dans la mesure où il est la parfaite illustration de l’ambivalence de la nature humaine… C’est un personnage très ironique, au fond: il déteste l’espèce humaine et c’est pourtant lui qui réagit le plus «humainement» parmi les mutants ! Il succombe facilement à la peur, la violence, la haine et la vengeance mais fait aussi preuve d’amitié, de respect et d’amour envers les autres. Il cherche la liberté (pour lui et ses frères mutants) mais s'en éloigne à chaque fois davantage au fur et à mesure qu'il progresse dans sa quête vengeresse ! Une quête bien curieuse, d'ailleurs... En effet, lorsqu'on y songe un peu, il veut se venger d'un homme (qui fut du côté des nazis pendant une certaine période) qui a façonné - par la force des choses - sa vision du monde et avec lequel il partage beaucoup de points communs, notamment la haine de l'espèce humaine et l'idée que les mutants forment la "race supérieure". Si curieuse même qu'à la fin du film, on peut se demander si Shaw n'a pas finalement "gagné" quelque part... Magnéto est certainement l’un des méchants les plus fascinants de l’univers Marvel (avec Doom et Galactus – même si ce dernier est l’incarnation même de l’impartialité –) et l’œuvre de Vaughn rend un bel hommage à ce personnage peu apprécié des fans de comics ! J’arrête le blabla ici: X-Men : Le Commencement est un divertissement de premier choix maîtrisé en tout point qui assure à mort niveau action ! Les personnages sont bien travaillés, charismatiques et intéressants et c’est là la principale différence avec les précédents films X-Men qui ne développaient pas assez le potentiel de nos chers petits mutants adorés… De plus, le réalisateur a su nous offrir une vraie adaptation de bande dessinée au cinéma: beaucoup d'éléments du film sont fidèles à l'oeuvre de Stan Lee et Jack Kirby (notamment les costumes) mais il a aussi eu l'intelligence de prendre pas mal de libertés avec les histoires personnelles de certains mutants quand il le fallait (Le Fauve, par exemple). L’un des meilleurs films de super-héros !

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03 juin 2011

Toulouse transformera-t-il l'essai ? (revue "L'âge de faire")

Je suis actuellement en train de préparer un article qui me prend beaucoup de temps... En attendant, voici une belle initiative de la ville de Toulouse pour aider les gens à acheter plus "responsable" et mettre en avant les commerces axés sur l'environnement (enseignes relatives au bio, ...). Une "économie alternative" dont je tenais à vous parler ! L'idée d'inventer cette nouvelle monnaie (le sol-violette) vient de la municipalité (et très probablement aussi du tissu associatif) et a fait l'objet d'un article intéressant dans la revue L'âge de faire, une revue que l'on peut résumer en trois mots (je ne les invente pas, ils sont affichés sur leur site Internet): "Ecologie, citoyenneté, solidarité". La bibliothèque dans laquelle je travaille y est abonnée depuis avril dernier et il m'apparaît chaque jour davantage que ce magazine est d'utilité publique ! Pour preuve, le dernier numéro de la revue (le n°54) traite du thème de l'eau... Accessoirement un thème capital sur l'échelle planétaire ! Bref... Je vous conseille donc de lire l'article de Fabien Ginisty concernant la belle tentative de Toulouse pour relancer son économie locale et valoriser les commerces utiles (cliquez sur l'article ci-dessous pour l'agrandir). Je ne sais pas de quel bord politique est cette municipalité (et, très sincèrement, je m'en moque) mais, au moins, force est de constater que certains tentent des choses pour trouver une alternative à notre système économique moribond qui, plus que jamais, est en train d'afficher ses limites... Bonne lecture !

Toulouse

Enfin, pour ceux que cela intéresse, vous trouverez ci-dessous des liens vers les sites Internet de la revue L'âge de faire (allez jeter un oeil, cela vaut vraiment le coup de s'y intéresser), du fameux sol-violette et de la ville de Toulouse:

L'âge de faire (revue/magazine)

Le Sol-Violette ("monnaie solidaire")

Toulouse

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