Princesse

Princesse

Princesse… Attention au titre particulièrement trompeur ! J’ai longtemps hésité à faire une petite chronique sur ce film, ne sachant que penser de la qualité de l’œuvre en question. Si j’avais voulu ne prendre aucun risque, j’aurais fait une critique "pour" et une critique "contre"… Un peu à la manière de ce que fait Télérama de temps à autre… Au final, après mûre réflexion, j’opte pour le côté "lumineux" de la Force ! Avant toute chose, je vais être clair: ce film d’animation danois (qui contient quelques scènes réelles jouées par de vrais actrices et acteurs) est à déconseiller aux moins de 16 ans et aux âmes sensibles ! Pour vous donner une idée, Princesse est très proche du niveau de violence de Kill Bill: Volume I (dont il s’est un peu inspiré, d’ailleurs)… En fait, il le dépasse même un peu ! Pour ceux qui veulent en savoir plus, suivez le guide ! Le scénario raconte l’histoire d’August, un prêtre missionnaire qui revient de l’étranger à l’annonce de la mort de sa sœur Christina. Cette dernière, célèbre star du porno, a lentement sombré dans l’alcool et la drogue pour ne plus jamais s’en relever… Rongé par un fort sentiment de culpabilité et une colère sans fin, August tente d’élever tant bien que mal la jeune fille de sa sœur, Mia, et va mener en parallèle une quête vengeresse aussi implacable que sanglante contre ses bourreaux ! Dénoncer le système de la pornographie (comment elle exploite l’être humain et se diffuse de manière insidieuse dans toute notre société) à travers la vengeance extrême dispensée par un prêtre en quête de "rédemption"… N’y voyez là aucune allusion religieuse ! Princesse est comme une gigantesque claque. Sauf qu’en guise de main, c’est la vision d’une société ultra violente, perdue, sans valeur, déshumanisée, dominée par l’argent et loin des préoccupations de l’enfance qui nous arrive en pleine face ! Si vous tenez absolument à trouver quelque chose de religieux dans ce film, on peut éventuellement dire que le réalisateur est convaincu que la religion n’est pas la clé de l’avenir du genre humain. Personnellement, je le rejoins volontiers sur ce point ! Le réalisateur, Anders Morgenthaler, n’hésite pas à abuser de scènes gores et choquantes (celle où Mia participe au meurtre d’un producteur de films X est tout simplement horrible à regarder…) pour illustrer son propos… Tout ceci est discutable, je le conçois aisément. Nécessaire ? Là aussi, c’est discutable ! Mais les nombreuses critiques qui ont jugé la démonstration aussi inepte qu’outrancière sont un peu trop catégoriques à mon goût. Si je doute encore un peu du caractère essentiel de cette œuvre, j’étais tout de même presque "contraint" de faire une chronique "pour" tant les nombreux jugements hâtifs, catégoriques et négatifs pullulent ! Un film a toujours au moins une chose de potable, quelle qu’elle soit. Costumes, B.O., décors, … Ce côté catégorique et "juge de paix" est un mal bien trop répandu dans l’actuel petit monde de la critique (hein, messieurs des Inrocks…). Pour en revenir à Princesse, soulignons également la qualité de l’animation et de la B.O., assez angoissante… Les rares scènes jouées sont aussi solides, notamment grâce à la très bonne tenue de l’interprétation. Pour conclure, Princesse est un film subversif abordant de vrais thèmes d’actualité (la pornographie, l’éducation des enfants, la violence, …) et qui me semble utile. Sa démonstration est extrême et en fait une œuvre à ne pas mettre devant n’importe quel œil. C’est paradoxal mais je pense qu’il convient de la regarder plusieurs fois pour vraiment la saisir ! Mais est-il possible de la regarder plusieurs fois ? C’est autre chose… Une curiosité très dérangeante mais aussi très originale et émouvante qui invite à la réflexion malgré un fond pouvant paraître à première vue superficiel. Donnez-lui une chance !