05 février 2012

Plume (de Barry Purves)

Plume 

Plume

Restons encore un peu dans le court-métrage d’animation, mon genre de prédilection ! ^^ J’ai eu un énorme coup de cœur pour Plume, un petit film d’environ un quart d’heure réalisé en 2011 (c'est tout frais !) par l’un des papes des techniques d’animation image par image… Barry Purves. Un homme ailé (un ange ?) vole dans le ciel mais fait soudainement une terrible chute ! Se remettant difficilement de cet incident, il constate qu’il a perdu des plumes. Nullement inquiété, il tente de redécoller malgré l’état de ses ailes. Mais il a sous-estimé son problème et rechute à nouveau, plus brutalement encore ! Les plumes qui traînent un peu partout sur le sol attirent bientôt la curiosité de petites créatures monstrueuses, semblables à des diablotins. Celles-ci se mettent à les manger sous le regard inquiet de l’homme ailé qui essaie désespérément de s’enfuir par la voie des airs… Sans succès. Quand elles remarquent enfin leur hôte blessé, elles le martyrisent et lui saccagent son merveilleux plumage avant de filer rejoindre l’obscurité… A présent seul et mal en point, notre pauvre hère volant sait qu’il ne pourra plus jamais voler et doit chercher son salut ailleurs. C’est alors qu’il aperçoit une plume scintillante en train de tomber. En voulant l’attraper, il remarque une étrange surface réfléchissante… Le sol n’est plus le même à cet endroit. C’est de l’eau ! L’homme ailé prend alors une décision qui va changer sa vie: il décide d’explorer cet univers inconnu ! Mais pour mener à bien sa nouvelle aventure, il lui faut avant tout se débarrasser de ce qui lui reste d’ailes et qui le handicape plus qu’autre chose dans sa quête de renaissance ! Un monde nouveau s’offre à lui mais il doit d’abord se défaire de son passé… Que faut-il comprendre de cette histoire ? Pour moi, elle délivre un message évident: quand nous chutons (pas au sens propre, bien sûr), il ne faut pas nécessairement insister pour se relever dans la voie qui nous a fait (ou vu) chuter… Comme pour cet ange qui, au début, essaie tant bien que mal de revoler sans jamais y parvenir. Remonter la pente et retrouver la lumière peut venir d’une autre voie (pour l’ange, ce sera l’eau). Mais il faut savoir se remettre en question et prendre les décisions qu’il faut… Aussi radicales soient-elles ! Et c’est ce que fait notre protagoniste en s’arrachant ses propres ailes ! Une magnifique marque de courage et d’abnégation qu’il faut méditer ! Pour les plus attentifs d'entre vous parmi ceux qui auront visionné ce court-métrage, vous aurez peut-être remarqué que les trois sombres créatures ont toutes des moignons d'ailes... Ce qui sous-entend qu'elles aussi furent jadis des êtres ailés aussi beaux que notre infortuné héros ! Mais ces êtres n'ont probablement pas su «rebondir» et trouver une issue à leur triste sort. Ils sont devenus ces choses errantes sans but, aigries et violentes. Faisons attention à ne pas devenir comme elles ! Si un malheur nous tombe dessus et nous plaque au sol, à nous de nous battre sans cesse jusqu'au bout pour nous relever ! Car l'attentisme et le défaitisme tuent l'humanité ! Voilà peut-être ce qu'il faut retenir de Plume ! Trouver la force de vivre, non de survivre ! Rester positif et garder l'espoir, coûte que coûte ! Sur le plan de l’animation pure, la célèbre technique popularisée par Ray Harryhausen n’a pas pris une ride ! Et si vous voulez découvrir ou voir d’autres franches réussites en matière d’animation image par image, je vous recommande notamment L'Ame seule (de Cédric Berthier, Jean-Sébastien Leroux et Maximilien Royo), Pierre et le Loup (de Suzie Templeton) et Mary et Max (d’Adam Elliot)… Sans parler de tous les films d’Henry Selick et du mythique Nick Park, le père de Wallace et Gromit ! Les couleurs de Plume sont magnifiques (une subtile alliance de bleu, de blanc et de noir), tout comme la musique de Nicolas Martin qui accompagne les péripéties de notre ami «déchu». Mais c’est sans conteste le scénario qui s’avère le point le mieux travaillé du film, à la fois simple, efficace et fluide. Une incroyable force et une infinie sagesse se dégagent de ce court-métrage très personnel qui est assurément le plus grand «petit film» vu par votre humble serviteur jusque-là ! Un pur moment de poésie et d'enchantement à savourer en se laissant aller !

Posté par Arkelios à 15:27 - - Commentaires [36] - Rétroliens [0]
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