28 janvier 2012

Jusqu'en enfer (de Sam Raimi)

Jusqu'en enfer

Jusqu_en_enfer

En 2009, Sam Raimi tentait son grand retour parmi les maîtres de l’horreur. Bien que principalement connu du grand public pour la franchise Spider-Man, n’oublions pas qu’il fut jadis le réalisateur des mythiques Evil Dead et Evil Dead 2 ! Il était donc particulièrement attendu au tournant. Mais le vieux briscard qu’il est n’a pas failli à sa réputation… Bien au contraire ! Jusqu’en enfer est un retour au gore dans la plus pure tradition et montre toute l’érudition de l’Oncle Sam (ha ha ha !) dans ce domaine ! Notons qu’ici le gore tend très légèrement vers le comique et le parodique tout en conservant, chose exceptionnelle, une grande capacité à effrayer le spectateur. Mais là où Raimi est un vrai virtuose, c’est dans sa manière de dissimuler une véritable œuvre satirique derrière ce «masque de sang» ! L’histoire de cette jeune femme ambitieuse et carriériste refusant d’accorder un crédit immobilier supplémentaire à une vieille femme (un peu spéciale, il est vrai) en détresse dénonce le règne de l’argent, du matérialisme et des parvenus dans notre société décadente. La ravissante Christine Brown va s’en mordre les doigts puisque la vieille femme en question est une gitane possédant de bien mystérieux pouvoirs, notamment celui de jeter la malédiction du Lamia sur la personne de son choix… Dans peu de temps, Lamia viendra chercher l’âme de Christine pour l’emmener avec lui… Jusqu’en enfer ! Une autre chose intéressante du film est le thème de la pression au travail. Cette brave Christine n’est pas une mauvaise personne, au fond ! Elle était même prête à prolonger une fois de plus  le crédit de Mme Ganush (la gitane)… Mais son patron lui a clairement fait comprendre qu’elle devait se montrer plus ferme avec les clients si elle voulait la place de directeur adjoint de l’agence ! Compassion et gentillesse ou carrière et argent… Malheureusement pour elle, notre brave héroïne a opté pour le second «package» et a sacrifié son humanité sur l’autel de l’ambition… La scène finale du film est jubilatoire et permet à Sam Raimi de régler ses comptes avec les deux protagonistes... Christine, croyant avoir définitivement rompu la malédiction du Lamia et étant donc persuadée d’être en sécurité, dit à Clay qu’elle regrette de ne pas avoir aidé Mme Ganush et lui avoue même que c’est bien elle et elle seule qui a pris la décision de ne pas renouveler ce fameux crédit… Alors que tout au long du film, comme pour exhorter le Lamia à la laisser en paix, elle soutient qu’elle n’est en rien responsable du sort de la vieille gitane et que l’unique fautif est son patron. Quelle petite hypocrite ! Quant à Clay, le petit ami cartésien numismate, son monde matérialiste s’écroule au moment où (attention, spoiler !) il voit de ses propres yeux sa chère et tendre dulcinée se faire embarquer de force par le Lamia direction la fournaise de l’Enfer ! Hé oui, pas de happy end, cette fois ! Sauf si, comme moi, vous considérez que la petite Christine est la «méchante» du film et a bien mérité son sort ! Bon, d’accord, c’est peut-être un peu exagéré comme punition… ^^ Techniquement, l’œuvre du père d’Evil Dead est bourrée de qualités. Outre l’originalité et l’ingéniosité du scénario (signé des frères Raimi eux-mêmes), le premier point fort est, selon moi, l’énorme B.O. de Christopher Young. Elle offre des thèmes parmi les plus impressionnants de toute l’histoire du cinéma d’horreur ! Ajoutons à cela d’excellents effets spéciaux «à la papa», choix judicieux lorsqu’on fait un film gore qui se respecte, et une réalisation maîtrisée et vous obtenez là un chef-d’œuvre du film d’horreur mélangeant habilement éléments traditionnels et innovants de ce noble genre cinématographique ! Un régal à ne pas mettre devant d’innocents petits yeux mais qui ravira les amateurs de planches OUIJA et de sorcellerie ! «Laaaaaaamiaaaaaaa... !»

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24 janvier 2012

Petite sélection de films passant à la télé du mardi 24 janvier au jeudi 02 février

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Aujourd'hui, je vous propose une sélection très personnelle de films qui vont passer à la télévision (uniquement sur les chaînes gratuites et à des heures raisonnables, je précise) entre le mardi 24 janvier (aujourd'hui !) et le jeudi 02 février... Cliquez sur les titres des films pour en savoir plus (si c'est un film que j'ai déjà chroniqué, vous tomberez sur l'article qui lui correspond dans mon blog; si c'est un film que je n'ai pas encore chroniqué, vous tomberez sur une fiche film du site Comme au Cinéma) :

 

Mardi 24 janvier

NRJ 12 - 22h40 : Kill Bill: Volume II (de Quentin Tarantino) - attention : film interdit aux moins de 12 ans (officiellement), aux moins de 12/14 ans (selon moi) -

M6 - 23h00: Lord of War (d'Andrew Niccol) - attention : film interdit aux moins de 12 ans (officiellement), aux moins de 14 ans (selon moi) - (12ème dans mon Top 30 !)


Mercredi 25 janvier (Ze soirée !!! Comme d'habitude, sur ARTE.)

ARTE - 20h35 : Persepolis (de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud)

ARTE - 22h10: Valse avec Bachir (d'Ari Folman) - attention : film interdit aux moins de 12 ans (officiellement et selon moi) - (10ème dans mon Top 30 !)


Vendredi 27 janvier

ARTE - 14h50 : Persepolis (de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud)


Dimanche 29 janvier

NT1 - 20h45 : Le Grand Bazar (de Claude Zidi) Hé oui ! On a beau dire tout ce qu'on voudra sur les Charlots, ce film est malin et engagé. Pas tout le temps drôle (dommage pour une comédie ^^), mais pourvu de bonnes intentions.

 

Lundi 30 janvier

France 3 - 20h35 : Les Sept Mercenaires (de John Sturges)

ARTE - 20h35: L.A. Confidential (de Curtis Hanson) - attention : film interdit aux moins de 12 ans (officiellement et selon moi) -

TMC - 20h45 : V pour Vendetta (de James McTeigue) - attention : film interdit aux moins de 10 ans (officiellement et selon moi) - (15ème dans mon Top 30 !)

NRJ 12 - 22h30 : Kill Bill: Volume I (de Quentin Tarantino) - attention : film interdit aux moins de 16 ans (officiellement et selon moi) -


Mercredi 1er février

ARTE - 20h35 : La Révélation (de Hans-Christian Schmid) - attention : film interdit aux moins de 10 ans (officiellement et selon moi) - Avec la magnifique Kerry Fox, la formidable interprète de Janet Frame dans l'excellent film Un Ange à ma table.

 

Jeudi 2 février

NT1 - 20h45 : Star Trek (de J. J. Abrams) - attention : film interdit aux moins de 10 ans (officiellement et selon moi) -

 

Mais n'oubliez pas une chose...

"Il ne faut jamais oublier que la télévision n'est qu'un appareil électroménager." (dixit le grand Bruno Cremer)

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20 janvier 2012

Louise-Michel (de Gustave Kervern et Benoît Delépine)

Louise-Michel

Louise_Michel

Amis anarchistes, voici votre étendard au sein du septième art ! A défaut de drapeau noir, je vous propose une comédie de la même couleur qui siéra à votre bonheur… Louise-Michel ! Non, il ne s’agit pas d’un biopic sur cette figure emblématique du mouvement anarchiste… Même si l’esprit de la véritable Louise Michel habite cette œuvre jusque dans les moindres détails du décor le plus «anodin» ! Il s’agit donc plus ici d’un hommage, en atteste la citation bien choisie d’ «Enjolras» à la fin du film. Louise, une ouvrière analphabète taciturne, travaille dans une usine de textile qui, d’après les dires du patron, connaît quelques difficultés économiques. Alors qu’on leur passe de la pommade en offrant à chacune d’elles une nouvelle tenue de travail «personnalisée» la veille, nos chères ouvrières découvrent le lendemain que leur usine a été sauvagement délocalisée et toutes les machines déménagées pendant la nuit. Elles décident alors de mettre en commun le peu d’indemnités obtenues pour se payer les services d’un tueur professionnel qui règlera son compte à ce salaud de patron ! Louise, qui est à l’origine de cette idée pour le moins radicale, rencontre dans sa recherche de la perle rare un certain Michel, tueur à gages un brin fanfaron mais paraissant sûr de lui. Malheureusement pour les ouvrières, ce dernier se révèle plus qu’incompétent et lâche (au point d’envoyer, lors d’une première tentative, sa propre cousine cancéreuse au charbon !)… De plus, un patron en cachant un autre à chaque fois plus gros et plus éloigné de la Picardie, l’ennemi possède différents visages et paraît insaisissable ! Mais qu’à cela ne tienne ! Louise va prêter main forte à Michel et lui montrer comment on fait pour terrasser une hydre à plusieurs têtes… La mondialisation et le patronat vus, à juste titre, comme une hydre qui n’en finit jamais de faire repousser ses têtes. Voilà une chose parfaitement rendue dans Louise-Michel ! Du nord de la France à l’île de Jersey en passant par Bruxelles, nos deux héros vont vivre une folle épopée meurtrière parsemée de rencontres singulières pour retrouver leur liberté, leur dignité et leur place dans une société indifférente à leurs problèmes. Ce film s’insurge à la manière d’un punk et «hurle» sur les patrons qui prennent leurs employés pour des cons et, dans le même temps, dénonce plus subtilement les rouages d’une mondialisation «poupée russe» qui n’a pour principal obsession que le profit. Chaque patron a sa propre part du gâteau, plus ou moins grosse selon sa place dans l’organigramme (des cocktails et un rythme de sénateur pour le petit patron de l’usine, une immense villa et des voitures à gogo pour celui qui chapeaute plusieurs filiales à la fois, …), mais tous sont coupables d’exploiter abusivement des êtres humains pour servir leurs intérêts et participent à un système qui ne redistribue les richesses qu’aux plus riches, laissant les miettes aux pigeons que nous sommes (il faut bien le reconnaître). Réagir ! Voilà le cri que veut faire entendre le duo de réalisateurs grolandais ! Alors certes, la réaction de Louise, Michel et leurs camarades est assez «extrême»… Mais il y a tellement de manières diverses et variées de réagir que nous n’avons aucune excuse pour ne pas tenter la moindre action ! Surtout à l’heure d’Internet ! La violence n’est pas la voie et n’a jamais rien résolu, nous sommes d’accord. «La plume est plus forte que l’épée», après tout. Mais, d’une certaine manière, je peux comprendre ceux qui utilisent la violence lorsqu’il est question de défendre ses droits, surtout contre un système qui s’avère aussi injuste que légal ! Tout au moins, il ne faut jamais rejeter la violence en bloc sans l’avoir préalablement analysée. La condamner trop promptement comme tous les politiques le font relève souvent de la démagogie et ne montre aucune intelligence. Pire, cela ne montre aucune volonté sincère de trouver une solution ! Bref, revenons au film… Cette comédie satirique déjantée m’a rappelé les réalisations de Dupontel (notamment le génialissime Le Créateur !) et, par instants, certaines comédies des mythiques Monty Python ! Rien que ça ! C’est un peu une grande famille du cinéma, une famille un peu en marge de ce qui plaît habituellement au grand public. D’ailleurs, l’exceptionnel casting de Louise-Michel va dans ce sens: Yolande Moreau, Bouli Lanners, Benoît Poelvoorde, Francis Kuntz, Miss Ming (quelle présence !), Mathieu Kassovitz, Albert Dupontel (dans une scène post-générique de fin d’anthologie !), Siné, Pascal Rabaté, Philippe Katerine, Christophe Salengro (le Président de la Présipauté de Groland himself !), ... Une sacrée bande de doux et dingues marginaux, tous plus excellents et justes les uns que les autres ! On sent que tous ces gens-là sont en mission quand ils jouent ! Outre l’interprétation, les principaux points forts de Louise-Michel sont le scénario, la réalisation (on passe un léger cran au-dessus des pourtant déjà très bons Aaltra et Avida), les décors, la photographie et surtout la B.O. (Daniel Johnston et Charles Steve Davey en tête). Louise-Michel est un hymne à la tolérance dédié à tous les éclopés de la société. C’est un jubilatoire moment de folie raisonnable, une folie pesée avec minutie qui, je l’espère sincèrement, donnera des envies de révolte au spectateur ! Mais Louise-Michel, c'est aussi un film plus positif qu'il n'y paraît. La scène finale de l'accouchement, filmée avec une très grande sensibilité, est un symbole fort porteur d'un espoir qui en fait a toujours été présent durant tout le long métrage ! Je pense même que l'espoir est le fil conducteur du film ! Pour ma part, je ne suis pas surpris que ce brûlot contestataire ait raflé autant de prestigieuses récompenses (un prix à Sundance, un autre à San Sebastian et la fameuse Amphore d’Or à Quend !)… Avec Louise-Michel, Mammuth (des mêmes réalisateurs), Borat, Le Créateur et O’Brother, je crois que je tiens enfin mon Top 5 des comédies les plus drôles, subversives et intelligentes ! Allez, «Banzaï» !!!

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15 janvier 2012

Piège de cristal (de John McTiernan)

Piège de cristal

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Qui ne connaît pas Piège de cristal, le premier né de la série des Die Hard ? John McClane et son marcel blanc imbibé de sang sont devenus aussi célèbres que Luke Skywalker et son sabre laser eux-mêmes ! Probablement l’un des films les plus plagiés au monde, le long métrage de John McTiernan puise sa force dans un scénario original à défaut d’être étoffé. John McClane, un flic de New York, vient passer les fêtes de Noël en famille à Los Angeles, là où sa femme et ses deux enfants habitent. Un chauffeur l’attend à l’aéroport de la «Ville des Anges» et le conduit au Nakatomi Plaza, le lieu de travail de sa tendre Holly… Arrivé sur place, une fête réunissant tous les employés bat son plein. John retrouve enfin son épouse parmi tout ce beau monde et entame une discussion avec elle… Qui tourne très vite au vinaigre ! Notre ami new-yorkais se retrouve alors seul dans une salle de bain privée, en train de ruminer la manière dont il aurait dû s’y prendre avec sa dulcinée… Mais pas le temps pour lui de ruminer: des cris et des rafales de tirs viennent interrompre la petite sauterie ! John comprend alors qu’il s’agit d’une prise d’otages et décide d’improviser et d’en savoir plus sur ces mystérieux «terroristes»… Piège de cristal n’a jamais perdu de sa superbe malgré les multiples rediffusions sur nos écrans et les innombrables émules qui ne sont pas loin d’asphyxier le genre du «film d’action à prise d’otages»… Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il en est le précurseur, le créateur et le gardien des codes ! Et quels sont ces codes ? Un anti-héros qui se trouve là par hasard et contre sa volonté (incarné avec assurance et talent par Bruce Willis), un lieu unique (ici, un immeuble d’une quarantaine d’étages), des terroristes la plupart du temps étrangers (des allemands, dans le cas présent), un méchant charismatique (Alan Rickman est phénoménal dans la peau de Hans Gruber !) qui noue une relation étroite avec le héros mais qui ne le croise que très rarement, quelques gentils otages qui meurent (pourquoi les méchants seraient les seuls à passer l’arme à gauche, hein ?), des forces de l’ordre ridiculisées, une femme ou un enfant en danger (ou les deux ^^), globalement peu de personnages importants (ce genre de film tient plus du huis-clos qu’autre chose), une alternance bien huilée entre passages lents et très intimistes se focalisant sur un héros dans l’introspection permanente et passages plus musclés dans lesquels notre brave justicier utilise autant ses muscles que sa tête (tel un parangon du «mens sana in corpore sano» !), un protagoniste plein de débrouillardise et souvent moins bien armé que ses antagonistes (mais qui réduit peu à peu l’écart pour, au final, se retrouver à armes égales avec le «big boss»), et bien sûr un héros à l’humour cynique qui se plaint tout le temps de son sort, en prend plein la tronche et baigne dans son propre sang toutes les dix minutes (mais ne meurt jamais) ! J’en ai peut-être oubliés quelques-uns et je m’en excuse auprès des puristes. Mais il ne suffit pas d’appliquer ces ingrédients à la lettre pour réussir à coup sûr un chef d’œuvre comme Piège de cristal ! Prenez le film Speed, par exemple… Il y a des éléments scénaristiques originaux (la prise d’otages dans le bus est une chouette trouvaille) mais qui ne sont guère soutenus par la réalisation et la mise en scène (hystériques), l’interprétation (excepté le génial Dennis Hopper), la B.O. (très grossière), … Die Hard, quand à lui, peut s’appuyer sur un casting solide, une B.O. inspirée et prenante de Michael Kamen (paix à son âme), une excellente photographie (ce qui est rare dans ce type de film, un grand bravo à Jan de Bont – le réalisateur de Speed, justement…) ainsi que sur un montage, une mise en scène et une réalisation maîtrisés. Sans oublier les dialogues, truffés de répliques devenues cultes à l'image du fameux «Yippie-Kay-yee, pauvre con.» ! Ajoutons également que le film est doublé d'une satire du journalisme (et des médias en général) qui, ceci étant dit, aurait mérité un traitement plus approfondi. Le spectateur suit McClane comme son ombre et partage ses souffrances, ses peurs, ses pensées et ses tensions. Au plus près de l’action, on est admiratif comme un gamin devant les aventures de son super-héros préféré ! Si cette œuvre est aussi forte (notamment pour le public masculin), c’est parce que n’importe quel garçon, ado ou homme peut facilement s'identifier à John, un personnage simple, habillé et parlant comme Monsieur Tout-le-Monde, qui connaît lui aussi les affres de la vie conjugale et des problèmes familiaux… Bref, un héros accessible. Et l’histoire, malgré sa simplicité, ne comporte aucun temps mort et réserve son lot de rebondissements bien sentis (pas extraordinaires, mais bien sentis quand même !). Un grand merci à John McTiernan et à son Predator (car c’est un peu grâce au succès de ce dernier que Piège de cristal a pu voir le jour !) pour nous avoir offert l’un des joyaux du film d’action grand public ! … … … Et, indirectement, pour avoir inspiré le drôlissime La Tour Montparnasse infernale qui, j’insiste, est une comédie parodique de premier choix ! En résumé, on peut dire que Piège de cristal est au cinéma ce que The Legend of Zelda: A Link to the Past est au jeu vidéo: un objet imparfait, certes, mais novateur, porté par une ambiance captivante et à tout jamais culte !

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10 janvier 2012

Creep (de Christopher Smith)

Creep

Creep

Un petit huis-clos horrifique dans le métro londonien, ça vous dit ? ^^ Hoooo, allez quoi… Ca fait longtemps que je n’ai pas papoté film d’horreur ! Enfin, quand je dis «petit», je pense plus à la durée du film (même pas 1h30) qu’à sa qualité. Car Creep possède de sérieux arguments à faire valoir auprès des grands amateurs de frissons ! Pourtant, le scénario tient justement sur un ticket de métro: Kate, une «working girl» qui a réussi dans le milieu de la pub à Londres, sort d’une soirée bien classe où l’alcool coulait à flots. Il est minuit passé et, faute de taxi pour rentrer chez elle, la jolie jeune femme se décide à prendre le métro. Ivre, elle s’assoupit un moment sur le quai et, lorsqu’elle reprend ses esprits, commence à paniquer car tout est fermé. Coincée seule (du moins le croit-elle… ^^) dans le labyrinthique métro londonien, Kate espère entrevoir une issue à sa pénible nuit en montant à bord d’un mystérieux train qui s’est arrêté. Malheureusement pour elle, d’autres «noctambules» sont là… Et parmi eux, une créature psychopathe à moitié humaine qui règne en maître sur cet enfer de rails ! Ami(e)s claustrophobes, n’allez pas plus loin ! Il fait très sombre dans ces tunnels et la mort peut surgir de n’importe où ! La première moitié du film est assez conventionnelle mais pose déjà parfaitement une atmosphère glauque captivante. La seconde partie est en revanche beaucoup plus originale… En effet, à l’heure où de nombreux films d’horreur jouent la carte de la suggestion (avec plus ou moins de réussite selon les œuvres), Creep montre tout de son monstrueux personnage au point que Craig (c’est le nom de la «créature») s’installe peu à peu dans le siège du protagoniste du film qu’occupait Kate au début ! Et regarder un film du point de vue du monstre, du «bad guy», c’est une expérience plus que troublante… Mais également très excitante ! On ressent tout des souffrances psychiques et physiques du monstre et, bizarrement, on est très surpris de s’attacher progressivement à lui ! Il nous apparaît un peu plus humain et fragile (il faut dire qu’il s’en prend plein la tronche, le bougre !) à chaque minute qui passe pour, au final, se montrer presque moins dur que la belle Kate ! J’ai même éprouvé un peu de pitié à son égard malgré les atrocités qu’il a commises ! Le personnage féminin évolue lui aussi. Au début, Kate est hautaine, sophistiquée, égoïste, fière de sa réussite et l’affiche ostensiblement (chaussures et vêtements de marque, manière de parler et d’ «humilier» ses interlocuteurs, …). Mais avec l’horrible expérience qu’elle va vivre dans le dédale du métro, elle va devoir s’adapter pour survivre (et renoncer à tous ces signes extérieurs de richesse qui ne lui serviront guère) et redevenir plus simple et «humaine». Et c’est là que le film est diaboliquement génial ! En gros, on nous présente deux types de monstre (l’un – Kate – ayant un visage plus humain que l’autre – Craig –) qui vont chacun à leur manière retrouver lentement leur humanité mais vont pourtant sombrer dans une violence extrême lors d’un duel final d’anthologie ! Joli paradoxe ! La violence serait-elle l’apanage de l’Homme plus que du Monstre ? Je pense que oui. Et je n’ai pas attendu ce film pour être convaincu de la chose. Creep évoque aussi d’autres thèmes : inégalités sociales, solitude, respect d’autrui, … Et aussi et surtout celui du pouvoir, du contrôle. Kate est une femme à poigne qui aime dominer et contrôler sa vie à n’importe quel prix mais qui va être obligée de lâcher du lest pour s’en sortir ! Une forme de rédemption un peu forcée, en quelque sorte ! En plus d’une certaine profondeur sociale, Creep prend beaucoup de risques sur le plan technique… Mais des risques payants ! Faire partager au spectateur l’intimité d’un monstre pendant la moitié du film suppose que l’interprète de ce monstre soit au top et évite les nombreux pièges d’un tel rôle, des pièges pouvant à tout moment le faire basculer dans le ridicule ! Mais Sean Harris est magistral et offre une interprétation habitée et tourmentée de Craig ! Bien sûr, l’acteur est soutenu par un maquillage bluffant ! La créature m’a fait penser à celles de The Descent (mon film d’horreur préféré, tout de même !). Mais Creep ayant été réalisé avant le film de Neil Marshall, on peut donc légitimement penser que ce dernier s’est inspiré de Craig pour ses «crawlers»… Pas d’effets spéciaux superflus, une excellente B.O., une Franka Potente toujours impeccable (Cours, Lola, cours ; Anatomie ; …), une mise en scène de qualité et une réalisation maîtrisée apportent la touche finale à ce chef-d’œuvre méconnu du film d’horreur, un long métrage gore, viscéral, parfois malsain mais toujours intelligent et passionnant !

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06 janvier 2012

Permanent Vacation (de Jim Jarmusch)

Permanent Vacation

Permanent_Vacation

Jim Jarmusch est indubitablement le cinéaste de la vacuité et de la solitude. Et son premier long métrage, Permanent Vacation, posait déjà les jalons d’un univers très personnel, un monde dans lequel la lumière se pose quelques instants sur les marginaux de notre temps… Ceux qui ont souvent volontairement (mais pas toujours) choisi de vivre hors du système, de la masse. Réalisé notamment grâce à une bourse scolaire qui, à la base, devait plutôt aider Jarmusch dans ses études (qu’il a courageusement sacrifiées… Et heureusement pour nous, en fin de compte !), ce film au titre provocateur et cynique nous narre l’errance pendant deux jours et demi d’Aloysious Parker dans une sorte de New York «parallèle». Ce jeune homme sans la moindre attache croisera sur sa route d’aussi singulières personnes que lui, des êtres pour qui le rythme de vie «métro-boulot-dodo» n’a aucune réalité tangible et qui cherchent à se révéler à eux-mêmes dans une société totalement indifférente à leurs états d’âme. Pour autant, Jarmusch ne nous brosse pas les portraits de gens malheureux, n’allez pas croire ça ! Il nous présente un Aloysious un brin mélancolique mais rêveur, débrouillard, philosophe, serein même, qui cultive le «vide» de son existence avec un certain savoir-faire. Cependant, Permanent Vacation demeure avant toute chose une critique de la société américaine (le fameux rêve américain) qui laisse à l’abandon une jeunesse pourtant pleine de potentiel (le protagoniste est passionné par la musique, la littérature – notamment Lautréamont, le chantre de la révolte de la jeunesse contre l'ordre établi – et le cinéma), une jeunesse qui par la force des choses rêve d’un ailleurs plus épanouissant. A ce sujet, cet «ailleurs» est assez identifiable dans le film du réalisateur de Coffee and cigarettes: il s’agit de la France (ou plutôt d’une version idéalisée de la France) et, plus généralement, du Vieux Continent. Lautréamont, le grisant départ pour Paris à la fin du film, la référence à Ennio Morricone dans la scène où Aloysious se rend au cinéma (au passage, faites bien attention au décalage voulu entre la musique et le film projeté à l’écran qui n’ont rien à voir l’un avec l’autre !), … Une très lente balade onirique, des lieux déserts ravagés par l’apathie humaine, … Construit comme un road movie (mais à pied ^^) dans la ville de New York, le film révèle déjà une certaine manière de filmer propre à Jarmusch (notamment dans les plans des décors) que tout fan du réalisateur (et j’en suis moi-même un !) percevra avec aisance. Mais même si de nombreux critiques parlent de cette première œuvre comme d’un «manifeste technique» du style Jarmusch (travellings latéraux pour saisir les lieux, segments narratifs isolés reliés entre eux pour former un tableau complet, le personnage principal qui est le narrateur, …), je pense qu’il s’agit plus d’un «manifeste sociologique» dans lequel ses grands thèmes sont déjà bien présents: solitude, vacuité de l’existence et de la communication, inégalités sociales, ville, … Sa technique, à proprement parler, sera bien plus en place dans sa seconde création, le très éthéré Stranger Than Paradise. Néanmoins, on distingue déjà les points forts habituels des œuvres du maître: une magnifique photographie, une B.O. envoûtante composée en grande partie par l’excellent John Lurie (qui tient le rôle du joueur de saxophone) et une puissante mise en scène. Par contre, le montage n’était pas encore la qualité première de Jarmusch… Un film lent, qui exige plusieurs visionnages pour être apprécié à sa juste valeur (la première fois, j’avais trouvé ce film assez correct, sans plus), mais qui est une pièce maîtresse du cinéma indépendant américain (pas aussi influente, tout de même, que Le Petit Fugitif). Quand à savoir si Aloysious Parker (petite digression: le nom de Parker n’est pas innocent, le réalisateur étant un grand fan de Charlie Parker) et Jim Jarmusch ne font qu’un… Je pense que non. Je crois plutôt que Jarmusch admirait (et admire encore ?) son personnage et, quelque part, le jalousait un peu… Notamment pour son courage et sa liberté ! Bref, une curieuse expérience à tenter absolument !

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02 janvier 2012

Dinotopia (de Marco Brambilla)

Dinotopia

Dinotopia Meilleur_t_l_film ** Mon téléfilm préféré ! **

Je suis très heureux de commencer l’année 2012 par la chronique de Dinotopia ! Outre le fait qu’il s’agisse tout simplement de mon téléfilm préféré, cette adaptation assez fidèle de l’œuvre de James Gurney dispense un message écologique intelligent, nuancé et puissant, empreint de pacifisme et de tolérance. Et quoi de mieux qu’un très long métrage (plus de 4 heures, tout de même ! – découpées en trois parties, ouf ^^) plein d’optimisme et d’ondes positives pour commencer l’année du bon pied ? Karl et David Scott échouent sur une mystérieuse île après un tragique accident d’avion dans lequel leur père a disparu. Ils découvrent que cette île, Dinotopia, est peuplée de dinosaures et d’hommes qui cohabitent harmonieusement dans une société où les deux espèces sont considérées sur un même pied d’égalité et travaillent ensemble dans un même but de justice, de paix et de respect de l’individu. Si David s’adapte rapidement à la vie «dinotopienne», Karl n’est obsédé que par une seule chose: s’évader de cet endroit archaïque. En attendant, les deux jeunes hommes sont pris en charge par Marion (une notable de Dinotopia) et découvrent quelques temps après les fonctions auxquelles ils ont été affectés au sein de leur toute nouvelle «famille»: David intègre les Skybax, une sorte d’ «armée de l’air» où les meilleurs cavaliers chevauchent des ptérosaures et veillent à la sécurité de l’île et Karl travaille dans une couveuse. Mais la vie en ces terres repose sur un fragile équilibre. En effet, les pierres de lumière, une énergie qui protège Dinotopia des dinosaures les plus sauvages (incapables de vivre en paix avec l’homme), perdent peu à peu de leur puissance et menacent grandement l'avenir de tous les habitants. Pourtant, il existe peut-être un moyen de régler ce problème puisqu’un passage secret se trouvant dans un ancien temple mène vers le «Monde de l’Obscur», la source du mystérieux pouvoir protecteur des pierres de lumière. Mais les habitants de Dinotopia craignent cet endroit et refusent religieusement d’y pénétrer ! Alors que presque tous les autochtones humains et dinosaures se résignent à l’apocalypse, David, Karl, Marion et Zippo (un dinosaure proche de cette dernière) vont tout tenter pour sauver Dinotopia et cette harmonie magique entre la nature, les dinosaures et les hommes. Que prône Dinotopia ? Grosso modo qu’il faut respecter la nature et vivre en harmonie avec elle sans pour autant sacrifier le progrès aux traditions (qu'il ne faut cependant pas oublier non plus). Et c’est sur ce dernier point précis que le téléfilm est vraiment subtil ! On nous présente une civilisation qui refuse d’exploiter une «mine» (de pierres de lumière) pouvant la sauver par crainte de «profaner» l’endroit où celle-ci se situe. Elle s’est embourbée dans des lois traditionnalistes qui confinent la foi à de l’aveuglement pur et simple ! Je trouve très intelligent le propos qui tend à défendre que l’écologie et le progrès «technique» ne sont pas deux choses incompatibles ! Il est  d’autant plus intelligent qu’il est ici emballé dans un magnifique papier cadeau fait d’aventures épiques et féériques, de grandes scènes d’action et de remarquables effets spéciaux ! La cité de Waterfall City fait même penser à la mythique Babylone ! Comme toute utopie, celle proposée par Dinotopia a ses limites: jalousie, désir de pouvoir, trahisons, racisme et discrimination, … Mais celle-ci trouve une fin heureuse grâce à la souplesse et la tolérance apportées par la famille Scott. Techniquement, l’œuvre réalisée par Marco Brambilla (qui, en passant, est un peu obsédé par le concept d'utopie qu'il avait déjà traité dans le très bon Demolition Man) affiche de sérieux points forts: outre les effets spéciaux, citons les décors, les costumes et l’interprétation (Wentworth Miller – oui oui, le héros de la série Prison Break – et David Thewlis tirent chacun leur épingle du jeu). En résumé, Dinotopia est un somptueux film d’aventures fantastiques tendant fortement vers le conte philosophique, un conte parlant d’écologie, d’amour, des vraies valeurs du travail, de tolérance, de famille, de tradition et de progrès. Le succès public (et critique, il faut le noter) de ce téléfilm entraîna la création d’une série qui, malheureusement, est très loin du niveau de son inspirateur… Mais s’il est une preuve encore plus flagrante de la popularité de Dinotopia, c’est dans le célèbre film Avatar (oui, celui-là même réalisé par James Cameron !) qu’il faut la trouver. Car ce cher monsieur Cameron aura beau dire et beau faire, les similitudes avec les œuvres de Gurney et Brambilla sont étonnantes… Pour ne pas dire choquantes ! Les Skybax ont clairement fait des émules… :-/ Mais, même si je trouve dommage que la célébrité d’Avatar dépasse celle de Dinotopia, je pense qu’il faut voir ce plagiat (n’ayons pas peur des mots) comme une forme de consécration pour un merveilleux et intelligent téléfilm qui se déguste en famille ! Un incontournable !

Posté par Arkelios à 20:07 - - Commentaires [18] - Rétroliens [0]
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01 janvier 2012

~~ BONNE ANNEE 2012 !!! ~~

Bonne_Ann_e_2012__

Je vous souhaite à toutes et à tous une excellente année 2012 pleine d'amour, de rêves, de sérénité... Et de très bons films, comme en 2011 (mes coups de coeur: Super 8 et Oxygène) !

Sans oublier la santé, le plus important !

Zen

Posté par Arkelios à 00:55 - - Commentaires [6] - Rétroliens [0]
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