Petite sélection de blogs... :-)
J'ai longtemps hésité sur le contenu du dernier article de l'année 2011... Je pensais vous parler du téléfilm Dinotopia (que j'adore !) mais j'ai finalement décidé de réserver cette chronique pour le mois de janvier 2012. Il fallait donc trouver une autre idée, quelque chose de spécial... Et ce "quelque chose", c'est vous ! J'ai choisi de mettre à l'honneur les blogs que je préfère parmi ceux de mes ami(e)s blogueuses et blogueurs. Voici ma petite sélection:
Mon blog préféré (toutes catégories confondues)![]()
Les pérégrinations d'Yvon le globe-trotteur
Parce qu'il s'agit sans doute du blog qui, à travers de superbes photos et récits de voyages, parle le plus de l'humain, tout simplement. Des articles pointus et très instructifs aux portraits d'enfants et de familles, tout respire la bonté, le partage et la sincérité. Yvon arrive à capter les êtres comme personne et à retranscrire toute la complexité d'une âme dans un "simple" regard... Un blog fait d'humbles et belles rencontres, une évasion quotidienne pour moi !
Cinéma
Dasola est une vraie dévoreuse de pellicules ! ^^ De nombreuses critiques claires, synthétiques et très bien écrites vous donneront envie de vous précipiter dans les salles obscures ou de (re)voir certains monuments oubliés. Tout le cinéma est abordé, pas d'a priori sur les blockbusters, ... On trouve également des chroniques littéraires (romans, BD, ...) et plein d'autres choses. Bref, ce que j'ai vu jusqu'ici de plus complet et agréable à lire dans ce domaine ! Un blog, je dois l'admettre, bien meilleur que le mien... ^^'
Ecologie, santé
D'utilité publique, le blog de l'auteur de Le Monde selon Monsanto et Notre poison quotidien (troisièmes ex aequo dans mon Top 15 Documentaires) est une précieuse source d'informations essentielles pour qui s'intéresse à l'agroalimentaire et à l'écologie, mais aussi à des sujets comme la torture, le terrorisme, la photographie, la politique et la géopolitique, ... Je la place dans la catégorie "Ecologie, santé" car, même si c'est restrictif, c'est par ce biais que j'ai connu le travail de journaliste (et le terme n'est pas du tout galvaudé ici !) de cette formidable combattante des temps modernes !
Humour, détente
Le blog de ma visiteuse la plus assidue (merci ^^) est une bouffée d'air frais ! On y trouve des blagues, des devinettes, des dessins humoristiques divers et variés (des vignettes du célèbre Chat, des dessins de presse engagés, Sumoups et ses subtils jeux de mots, ...), des images insolites et/ou artistiques, des histoires émouvantes (je pense notamment à celle du bol de bois...), des billets d'humeur intelligents, ... Beaucoup d'humour, mais pas que ! Ici, rire rime avec réfléchir et c'est ça que j'adore particulièrement dans ce blog ! Il y en a pour tous les goûts et toutes les sensibilités y trouveront satisfaction !
Photos
Mes pérégrinations en photos (le blog de Méline)
Méline aime la nature et les gens... Et ça se voit sur chacun des clichés de son blog ! Que ce soit un château fort, une fête entre amis ou encore une fleur en gros plan, la sensibilité est toujours de mise ! ... ... ... Avec tout de même un point vraiment fort concernant les photos de fleurs, splendides ! Cette grande amoureuse de la nature (et des chiens ^^) accompagne ses photos de textes, notamment de poèmes (d'amis ou de grands auteurs comme Verlaine, Hugo, Beaudelaire, Rodenbach, ...). Si je devais qualifier ce blog en un mot, je dirais "généreux".
J'ai classé ce blog dans la catégorie photos mais ce n'est pas totalement juste... Katrine, qui se définit elle-même comme une "collectionneuse d'instants", nous fait partager ses coups de coeur, ses rencontres, ses escapades et ses rêveries. Un film, un moment en famille ou entre amis, une exposition, une ville, ... De fugaces secondes rendues immortelles grâce à un oeil particulièrement aiguisé et sensible à une certaine beauté "cachée" de l'environnement que beaucoup d'entre nous (et je m'inclus dans ce "nous") peinent à percevoir. Ma préférence va aux clichés en noir et blanc (les articles sur la Japan Expo 2011 et New York sont magnifiques ! :-) ) dans lesquels s'exprime tout le talent artistique de la créatrice de ce très élégant blog !
Encore un autre très bon oeil ! Des photos insolites, mystérieuses (et ludiques puisque le visiteur peut parfois s'amuser à identifier le sujet d'une photo à travers un détail), intimistes sur la nature, l'architecture et l'homme. Mais aussi de beaux hommages à de grands photographes, des clichés plein d'humour et de poésie, ... Bref, un blog très varié dans lequel chacun est libre de papillonner à sa convenance !
Mes meilleurs souvenirs de vacances !
Un peu comme Les pérégrinations d'Yvon le globe-trotteur, ce blog mélange photos, vidéos et récits de voyages. Les reportages sont aussi variés qu'intéressants et vous feront vivre un véritable tour du monde entre beauté des panoramas et des bâtiments (entre autres), rencontres insolites et cocasses et explications historiques. La rubrique "Galerie photos" (menu de droite) est un régal pour les yeux (notamment celle intitulée "Splendeurs de Jordanie" :-) ) et donne envie de prendre immédiatement son balluchon pour partir à l'aventure !
Doux délires et salvatrices fantaisies
Miss Ming est une Artiste qui touche un peu à tous les domaines: cinéma (elle réalise de petits [par le format, j'entends ^^] films d'animation et a notamment joué dans les excellents Louise-Michel et Mammuth !), musique, arts plastiques, poésie, ... Son blog est à son image, doux, absurde, libre et libéré, enfantin, poétique et... Très personnel ! On se promène dans son blog un peu à la manière d'Alice au pays des merveilles ou encore à celle de Charlie dans la chocolaterie de Willy Wonka ! Un beau blog pour une magnifique personne qui dispense de l'amour avec la plus touchante des sincérités ! Miss Ming, je vous aime !
Il ne s'agit pas vraiment d'un blog mais plutôt d'un site Internet... Et quel site ! Je n'ai pas vu plus délirant, provocant, subversif, et incisif jusqu'à maintenant que l'antre de Martes Bathori, l'auteur d'Hamgrad, Utopia Porcina. Que dire... Si ce n'est que chaque clic de souris vous plonge un peu plus pronfondément dans le cerveau d'un homme qui paraît être aussi étendu que le multivers ! Chaque mot, chaque dessin et chaque animation appellent une profonde introspection... Troublant, mais on en redemande !
***Je vous souhaite à toutes et à tous de très bonnes fêtes de fin d'année et un excellent réveillon du 31 décembre !***

Freaks - La monstrueuse parade (de Tod Browning)
Freaks - La monstrueuse parade
S’il y a bien un film qui mérite le qualificatif de film culte, c’est bien Freaks – La monstrueuse parade ! Hans et Frieda sont deux lilliputiens travaillant dans un cirque de monstres. Ils s’aiment mais la belle Cléopâtre, une grande trapéziste, va ensorceler Hans et lui faire tourner la tête ! Amusée, Cléopâtre tolère la cour que lui fait le lilliputien mais entretient en parallèle et en cachette une vraie relation avec Hercules, «l’homme fort» du cirque. Tous deux apprennent un jour que Hans a hérité d’une immense fortune et décident de profiter de la situation pour rafler le pactole ! Ce qui n’était au départ qu’un jeu devient alors une machiavélique conspiration… Avec ce drame social du mythique Tod Browning, la monstruosité n’est jamais là où on l’attend ! Tous les monstres du cirque forment une famille unie et respectueuse de chacun de ses membres. Le réalisateur nous montre leur quotidien qui n’est ni plus ni moins le même (ou presque) que celui de personnes «ordinaires». Ils éprouvent de l’amour, de la tolérance, de la compassion, de la colère, de l’orgueil, … Bref, tout ce que peut éprouver un être humain moyen ! Quant aux deux comploteurs, la belle trapéziste et le puissant Hercules, il faut les prendre comme deux personnages hautement symboliques ! Ils représentent le culte de l’apparence (la beauté et la force) mais cachent des âmes sombres… Ce sont eux les vrais monstres, avec tout le mépris et la cruauté dont ils font preuve envers les «freaks» ! Si La monstrueuse parade parle avec intelligence de tolérance, de respect d’autrui, d’amour, d'ambition, de violence et des concepts de normalité et d’humanité, le film de Browning reste aussi et avant tout un hommage émouvant à ces cirques ambulants de monstres que l’on pouvait trouver fin XIXème début XXème (siècles). Il faut savoir que Tod Browning lui-même a travaillé dans un cirque et qu’il sait donc de quoi il parle ! On sent d’ailleurs tout l’amour et le respect du réalisateur à l’égard de ses personnages et, allons plus loin, de ses acteurs. Car aucun des «monstres» que vous voyez dans Freaks n’a subi le moindre maquillage… Ils sont bien réels ! Longtemps méprisé et honni pour ça et la violence et l’horreur de certaines scènes (qui, bien qu’impressionnantes pour certaines, ne sont franchement pas insoutenables), cette œuvre a connu de nombreux problèmes : la première actrice choisie pour incarner la trapéziste, Myrna Loy (une star de l’époque, on est dans les années 30), pria les dirigeants des studios de la MGM de la retirer du casting (était-elle dégoûtée à l’idée de tourner aux côtés de Daisy et Harry Earles, des sœurs siamoises Hilton ou encore de Johnny Eck ? Très probablement…); les premières diffusions du film ont été si catastrophiques que plusieurs séquences furent enlevées; … Mais tout ça appartient heureusement au passé et Freaks jouit de nos jours de la réputation qu’il mérite ! Outre la saine provocation générée par le cadre de l’intrigue et son casting un peu spécial (sans oublier l’affiche, voir ci-dessus), le film possède de nombreux points forts: la qualité de son interprétation (personne ne vole la vedette à personne, chose exceptionnelle pour un tel «long métrage»), la narration (toute l'histoire n'est un grand flash-back... Mais que cache cette mystérieuse boîte au début du film ?), la photographie, la mise en scène, le scénario et bien sûr la réalisation. Freaks fait partie de ces classiques du septième art qui ont influencé un grand nombre de réalisateurs (je pense notamment à David Lynch et son splendide Elephant Man ou encore, plus récemment, à Alex de la Iglesia et sa surprenante Balada Triste) autant pour leur côté novateur et rebelle que pour leur propos plein d’humanité et de tolérance. Un monument, que dis-je, une bible à voir au moins une fois lorsqu’on est ou que l’on veut devenir cinéphile !
~~ JOYEUX NOËL !!! ~~ (+ la belle action de l'association Les Toiles Enchantées)
Et n'oubliez pas...
Allez au cinéma aujourd'hui ! Pour toute place achetée, une partie du prix sera reversée à l'association Les Toiles Enchantées !
Pour en savoir plus, cliquez sur le lien suivant:
Si j'étais...
Connaissez-vous le principe du portrait chinois ? Il permet d'en savoir plus sur la personnalité et les goûts d'une personne à travers une série d'identifications à des objets, des animaux, des personnes, ... Par exemple: si j'étais un pays, je serais le Pérou. Ou encore: si j'étais l'un des quatre éléments, je serais l'air. Je vous propose donc ce petit jeu avant les fêtes, histoire d'en savoir un peu plus sur vous... Et de vous en dire un peu plus sur moi de manière ludique !
Si j’étais…
… un film, je serais Cherry Blossoms (bien sûr !)
… un acteur/une actrice, je serais Robin Williams (parce qu’il peut tout jouer et ne se départ jamais d’une appréciable légèreté !)
… un réalisateur/une réalisatrice, je serais Takashi Miike (parce qu’il n’y a pas réalisateur plus libre que lui ! Il ose tout !)
… un genre cinématographique, je serais le court-métrage d’animation (ceux qui visitent régulièrement mon blog ne seront pas du tout surpris ! ^^)
… un film qui file le peps, je serais Happy Feet (et pourtant, je n’aime pas danser plus que cela !)
… un film qui fait rêver, je serais Nimmermeer (mais qui connaît ce film ? :-( )
… un film qui fait mourir… de rire, je serais O’Brother («J’comprends pas ?»… ;-) )
… un film qui fait mourir… de peur, je serais The Descent (Martyrs m’a bien plus traumatisé mais c’est un mauvais film !)
… un film qui révolte, je serais Los Olvidados (les adultes doivent être des guides pour les enfants !)
… un film qui fait mal au crâne tellement il fait réfléchir, je serais Avalon (je me demande encore si j’ai bien tout compris au sujet de ce film… :-/ Mais l’essentiel est d’avoir sa propre interprétation !)
… un personnage de cinéma d'animation, je serais Coo (du film Un Eté avec Coo... Un esprit de la Nature qui s'est trompé d'époque et cherche un havre de paix.)
… un(e) méchant(e) de cinéma, je serais Dark Vador (charisme et ambiguïté sont les maîtres mots de la parfaite crapule !)
… un héros/une héroïne de cinéma, je serais Axel Nordmann (le "héros" du film L'Homme qui tua la peur... Humain, solitaire, lâche,... Un "héros" qui fait le bon choix dans la douleur.)
… un super-héros/une super-héroïne de cinéma, je serais Kick-Ass (parce que les super-héros, au fond, ça n’existe pas !)
Voilà ! N'hésitez pas non plus à vous amuser avec ce petit portrait chinois "spécial cinéma" en me laissant vos réponses dans les commentaires ! Mais rien n'est obligatoire, je précise. ;-) Ceci dit, toutes les réponses sont bonnes et je serai ravi d'en apprendre un peu plus sur vous ! En attendant...
***Je vous souhaite à toutes et à tous de très bonnes fêtes de fin d'année et un excellent réveillon du 24 décembre !***
P.S. > Pour ceux qui raffolent des portraits chinois, cliquez sur le lien suivant:
Merlin (de Steve Barron)
Merlin est un téléfilm fantastique / heroic-fantasy racontant l’histoire du plus célèbre de tous les sorciers, de son éducation par son aimante tante et la ténébreuse reine Mab à ses retrouvailles tardives avec sa bien-aimée Nimueh, en passant par son combat contre les forces du mal et son indéfectible soutien au roi Arthur qu’il a mené jusqu’au trône pour apporter la paix entre le monde des hommes (guidé par le christianisme) et celui des créatures magiques (attachées aux anciennes traditions). Trois heures (rien que ça !) de magie, de trahisons, de combats épiques et d’aventures féeriques qui raviront autant les enfants que les adultes… Surtout si, comme moi, vous êtes resté un grand enfant ! ^^ De nombreuses thématiques sont «gentiment» abordées et font de cette spectaculaire odyssée une oeuvre éclairée: amitié, amour, destin, guerre, solitude, ambition, pouvoir, vengeance, religion, … Mais ce film reste avant tout un pur divertissement familial, parfait à l’heure des fêtes de fin d’année ! Les points forts de ce superbe conte de fées sont la distribution (Sam Neill, Helena Bonham Carter, Miranda Richardson, Isabella Rossellini, Rutger Hauer, John Gielgud et surtout Martin Short, excellent dans le rôle de l’ambigu Frik), l’épaisseur des personnages (psychologie détaillée, beaucoup de charisme – je pense notamment à Vortigern), les effets spéciaux, les décors, les costumes, la photographie et la B.O. (dans une moindre mesure). Les légendes arthuriennes sont très habilement intégrées à l’histoire malgré une libre adaptation pouvant rebuter certains puristes. Pour tous les autres, Merlin apparaîtra comme un vrai moment d’enchantement (c’est facile, je vous l’accorde ! ^^), idéal pour réunir intelligemment toute la famille devant le petit écran ! Le genre de moment que seul le format du long téléfilm en deux parties est capable d’offrir… Pourquoi ? C’est un format qui permet de développer sereinement une ou plusieurs intrigue(s), de s’attacher à des personnages, qui prend le temps de créer une ambiance, … Mais il y a une part de mystère dans son succès (justifié) qui tient à autre chose et que je n’arrive pas à définir… Et qu’il est, après tout, inutile de définir ! Appelons cela simplement la magie du cinéma !
Aquarela do Brasil (de Wilfred Jackson)
On reste dans le domaine de l’animation avec un très ancien court-métrage de Walt Disney: Aquarela do Brasil (en français, «Aquarelle du Brésil»). Je dois cette récente découverte à mon amie blogueuse Dom, que je remercie chaleureusement ici ! Sous des allures de gentil film d’animation innocent se cache une petite histoire «politique» intéressante… Début des années 40, le gouvernement américain demanda à Walt Disney de jouer les diplomates en Amérique du Sud dans le cadre de leur fameuse «Good Neighbor Policy» (Politique de bon voisinage). Si, officiellement, le but est de réduire l’ingérence nord-américaine dans les affaires sud-américaines et de se rapprocher de cette partie du continent, il est aussi et surtout d’éviter la propagation du fascisme, du nazisme (qui comptait notamment pas mal de sympathisants argentins à cette époque... Souvenez-vous de la scène d'entrée - le repas de famille - du merveilleux film de Vincente Minelli, Les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse !) et du communisme dans ses contrées encore mal connues des Etats-Unis et de leurs habitants. Dans un premier temps, Walt Disney est très réticent à l’idée de «satisfaire» cette demande… Mais la mauvaise santé des finances de sa grande entreprise ne lui permet pas de tergiverser plus longtemps. Il se rend donc en Amérique du Sud, sert des pognes et visite avec une équipe d’animateurs le Mexique, le Brésil, le Pérou, … De tout ce périple est ressorti le «long métrage» d’animation Saludos Amigos, qui est en réalité une compilation de courts-métrages… Dont Aquarela do Brasil (notre film du jour) fait partie intégrante ! Et voilà comment le célèbre Donald Duck se retrouve à faire du tourisme au Brésil tel l’américain moyen pensant presque découvrir une civilisation inconnue (j’exagère à peine ! ^^) ! On y découvre la beauté de la nature brésilienne sublimée par une animation étonnante aux senteurs impressionnistes ! De jolis effets de style participent à cet effet: des plantes qui se transforment en animaux comme pour signifier que la nature est un tout, le pinceau qui s’anime et crée en direct le panorama dans lequel plonge le spectateur, … Notre cher canard rencontre aussi un certain José Carioca, un perroquet fort sympathique qui lui réserve un accueil chaleureux tout en le submergeant de paroles. Et malgré la barrière de la langue, nos deux protagonistes s’entendent très vite et se lancent dans une samba endiablée où l'élève Donald apprend les pas du maître José ! Malgré une idée de départ politique, Walt Disney a réussi à faire de ce petit court-métrage un film d’animation artistiquement abouti (belle qualité de dessin, excellente musique, personnages très attachants, …) qui s’avère être au final un hymne jubilatoire et très coloré à la nature et à la culture brésiliennes ! Bon, c’est vrai, cela reste un peu propagande (où sont les favelas ? ^^)… Mais on sent tout de même qu’il y a eu chez Disney une démarche sincère de projet de découverte et de mise en valeur du Brésil (avec quelques clichés, ceci dit), c’est indéniable. Le succès public rencontré par Saludos Amigos, et notamment par Aquarela do Brasil, est dû en partie au format choisi (la compilation de courts-métrages), un format qui permet de capter plus facilement l’attention et l’intérêt du spectateur et qui lui offre logiquement plus de chances d’apprécier le contenu (et qui, en plus, est économique d’un point de vue production). Ce succès public poussera d’ailleurs la firme aux grandes oreilles à redonner vie au personnage de José Carioca quelques années plus tard dans Les Trois Caballeros… Qui lui aussi, malheureusement, a servi de «campagne de communication» pour le gouvernement américain. Malgré tout ça, le visionnage de ce Aquarela do Brasil ne vous laissera pas indifférent et vous donnera, je l’espère, beaucoup de peps ! Là encore, à regarder avec des yeux d’enfants !
Richard au pays des livres magiques (de Pixote Hunt - ou Maurice Hunt - et Joe Johnston)
Richard au pays des livres magiques
A l’approche des fêtes de fin d’année, revenons un peu au cinéma d’animation ! Aujourd’hui, place à un film qui se destine essentiellement aux enfants: Richard au pays des livres magiques. Quand je dis «essentiellement aux enfants», ce n’est pas totalement juste… Il convient plutôt de dire que The Pagemaster nécessite un «regard d’enfant» pour être apprécié à sa juste valeur. Mais faire ressurgir l’enfant caché en chacun de nous n’est pas chose aisée. Aussi, je conseille à tous les adultes n’y parvenant pas de ne pas insister avec cette œuvre. Le film mélange prises de vues réelles et animation avec une certaine habileté. Un jeune garçon craintif, Richard Tyler, pénètre malgré lui dans une bibliothèque pour fuir un violent orage. Personne à l’horizon si ce n’est le «gardien» des lieux, un bibliothécaire nommé Mr Dewey (celles et ceux qui travaillent dans ce domaine – ce qui est mon cas – s’amuseront de cette évidente allusion ^^). Ce dernier lui offre sa carte de bibliothèque et l’invite à découvrir les livres de l’immense bâtiment. Ainsi débute la grande aventure de Richard qui va littéralement plonger dans l’univers féérique et extraordinaire des livres magiques ! Accompagné d’Aventure, Horreur et Fantaisie (trois «livres» vivants un peu farfelus mais sympathiques), il va croiser sur sa route de célèbres personnages de romans (comme Dr Jekyll et Mr Hyde, Moby Dick, …) et affronter de terribles dangers ! Richard aura-t-il assez confiance en lui pour surmonter ses angoisses et revenir dans le monde réel ? Question cruciale, en effet, puisque le thème principal du film est l’estime de soi ! Un message clair, accessible aux plus jeunes: avec un minimum de confiance en soi (et en autrui… Richard aura besoin de ses trois camarades pour atteindre son but !), tout est possible et la peur n’est plus un obstacle indomptable ! Richard au pays des livres magiques défend même l'idée que la peur est nécessaire pour grandir comme il se doit ! Très bien vu, je trouve ! Les deux autres grands sujets du film sont l’importance de l’imagination (et du rêve) et le rôle de la lecture. Le premier découle en fait du second: The Pagemaster arrive à transmettre au spectateur l’idée que le livre est non seulement un formidable outil d’apprentissage et d’instruction mais qu’il est également un moyen de s’évader, de rêver, de laisser libre cours à son imagination et de prendre du plaisir. L’idée formelle d’utiliser uniquement l’animation lorsque notre jeune héros voyage dans les livres et de laisser le reste en prises de vues réelles n’est pas innovante mais s’avère ici particulièrement adéquate ! Quand le jeune Richard n’est pas un personnage de dessin animé, c’est Macaulay Culkin qui l’interprète et force est de constater qu’il s’en sort bien. Mais j’ai une affection particulière pour Christopher Lloyd (le célèbre Doc. Emmett Brown de la saga Retour vers le futur ou encore le non moins célèbre Oncle Fétide de La Famille Addams) en Mr Dewey, parfait cliché du «bibliothécaire-gardien du temple du savoir» passionné par son métier et un brin bizarre… Quand j’emploie le terme «cliché», ce n’est en rien péjoratif. Plus vieux, j’adorerais ressembler à ce Mr Dewey ! Richard au pays des livres magiques est un beau petit film idéal pour émerveiller le réveillon de Noël d’un bambin ! Si vous avez gardé votre âme d’enfant, vous passerez vous aussi un excellent moment devant cet hymne à la confiance, à l’imagination et à ce que j’appelle la puissance communicative de l’enfance !
Tabou (de Nagisa Oshima)
Nagisa Oshima… Mon réalisateur nippon préféré ! L’Empire des sens, L’Empire de la passion, Furyo, … Par où commencer ? Bizarrement, j’ai choisi de vous présenter d’abord… Son dernier film: Tabou. Pourquoi ? Peut-être parce que les trois œuvres citées précédemment ont moins le besoin urgent d’une réhabilitation que ce long métrage très souvent qualifié de «terne» par les critiques. Certes, Tabou est un drame historique pointu fortement documenté parlant du Shinsengumi – ou Shinsen Gumi – (une force de police spéciale créée durant les dernières années du Shogunat Tokugawa et composée à la base de treize rônins – 1853 à 1869) et d’une époque trouble mais décisive au Japon qui vit la fin de l’ère des shogunats (et du Japon féodal, pour ainsi dire) et la restauration du pouvoir effectif à l’Empereur (sous la coupe occidentale, soyons clairs !). Par certains aspects, l’ensemble a des allures de documentaire et peut sembler pesant pour le spectateur réfractaire à l’Histoire. Mais de là à clamer haut et fort que le lyrisme de l’intrigue s’en trouve étouffé... C’est entièrement faux ! Gohatto est passionné, beau et poétique ! 1865, le Shinsengumi accueille de nouveaux guerriers souhaitant l’intégrer. Mais la sélection est rude ! En présence des deux légendaires officiers les plus hauts gradés, Isami Kondo et Toshizo Hijikata, les candidats vont devoir affronter Soji Okita, le meilleur et le plus populaire de tous les combattants de cette institution. Deux hommes se détachent nettement du lot: Hyozo Tashiro, un samouraï, et surtout Sozaburo Kano, un jeune homme mystérieux à la beauté androgyne envoûtante… Son arrivée crée beaucoup de remous et attire tous les regards… A commencer par celui de Tashiro, tombé sous son charme. L’une des grandes forces de Tabou est à mon sens la parfaite imbrication d’une trame historique générale avec une autre plus intimiste. Le spectateur prendra autant de plaisir à suivre la vie quotidienne du Shinsengumi (son terrible et très strict code d’honneur, les complots internes, ses missions et enquêtes, …) qu’à observer les fines intrigues relationnelles et amoureuses des personnages. Les protagonistes fictionnels que sont Tashiro et Kano sont mêlés avec bonheur aux vraies figures historiques du Shinsengumi (Kondo, Hijikata et Okita) pour un résultat très homogène, belle preuve du talent des interprètes et du réalisateur ! Si les thèmes de l’amour, de l’obsession, de la beauté, de la justice, du pouvoir et de l’ambition (entre autres) sont présents, ce sont surtout ceux de l’homosexualité (la vie «monacale» menée par ces hommes subissant de fortes pressions dans leur travail n’est pas étrangère à cela… ^^) et de la mort dont Tabou est fortement imprégné. Ce dernier sujet, une constante chez Oshima, est abordé à travers les samouraïs et leur propension à distribuer la mort avec détachement, comme s’il s’agissait d’un acte aussi noble que naturel. Hommage doit être rendu aux acteurs qui jouent ces stoïques «faucheurs d’âmes» ! Takeshi Kitano (le seul et l’unique !) fait montre de tout son talent dans la peau d’Hijikata (qui, il faut le savoir, a été le dernier combattant du Shinsengumi à résister aux forces de l’Empereur lors de la Guerre de Boshin, la milice mourant avec lui), et Ryuhei Matsuda est troublant en guerrier asexué. Quant à Tadanobu Asano, il est d’autant plus excellent qu’il a probablement le rôle le plus délicat et complexe entre ses mains (celui de Tashiro) ! Les deux autres gros points forts techniques sont la photographie (bien aidée par de prodigieux décors et costumes !) et surtout la B.O., composée par le désormais mythique Ryuichi Sakamoto (rendu célèbre pour son travail sur Furyo). Focalisons un instant notre attention sur le titre, Tabou. Il est double dans le film. Celui de l’homosexualité est évident. Mais ce qui l’est moins et demande quelques prérequis historiques, c’est le tabou que constitue toute cette période pour les japonais, même encore maintenant d’ailleurs ! Le passage de la vaste ère des shogunats à la restauration de l’Empire ne s’est pas fait sans verser la moindre goutte de sang, au contraire ! En atteste la terrible Guerre de Boshin opposant les derniers fidèles au Shogun aux alliés de l’Empereur, revenu au pouvoir peu de temps avant le début du conflit. Cette période (ou plutôt les quelques années qui la suivirent) est également traitée dans un film plus célèbre que celui d’Oshima (mais un peu moins bon): Le Dernier Samouraï (avec Tom Cruise). Halte au blabla ! Si vous aimez les beaux films, les lenteurs sensuelles de la mise en scène japonaise, les drames historiques détaillés et fidèles (les vraies personnalités de Kondo, Hijikata et Okita ont été scrupuleusement respectées), les intrigues policières (attention, ce n'est pas non plus du polar «pur jus»), les histoires intimistes, les amours contrariés et les films de samouraïs, alors n’attendez plus une seconde et précipitez-vous sur Tabou ! Une œuvre où force et fragilité s’unissent et se confondent pour désarçonner le spectateur, le provoquer et le laisser libre d’interpréter ce qu’il voit. Voilà ce que moi j’ai vu !
20ème Festival du Film de Vendôme (du 2 au 9 décembre 2011)
Le Festival du Film de Vendôme fête ses 20 ans d'existence (jolie longévité ! :-) ) et vous propose de nombreuses animations et projections pour l'occasion: du théâtre (avec le spectacle vivant Instants critiques - mise en scène de François Morel), de la musique (avec un ciné-concert sur le film Morse, un film qui a revisité avec originalité, intelligence et engagement le film de vampires), des courts-métrages (d'animation et avec de vrais interprètes), des longs métrages, des documentaires, ... Certains films sont en compétition officielle (c'est donc du sérieux !), d'autres sont hors compétition et d'autres encore sont projetés dans le cadre d'une rétrospective des 20 ans du festival. On y trouve de tout: des films intimistes, "d'auteur", "grand public" (à l'image du merveilleux Pierre et le Loup de Suzie Templeton, un court-métrage d'animation devenu très vite un grand classique), ... Personnellement, je vais tenter de me rendre à quelques séances... Mais il y a tellement de choses à voir que je ne sais par où commencer ! J'ai un peu l'impression d'être un enfant dans un magasin de jouets ! ^^
EN SAVOIR PLUS:
20ème Festival du Film de Vendôme (Loir-et-Cher) - site officiel
Programme du 20ème Festival du Film de Vendôme (Loir-et-Cher) - format pdf















