Logorama

Logorama

Logorama (V.F.)

Logorama (V.O.)

Aujourd’hui, place à une petite curiosité: Logorama est un court-métrage français qui a marqué les esprits ! De très nombreuses récompenses (dont le prestigieux Oscar du meilleur court-métrage d’animation 2010), une animation originale et surtout une histoire vraiment… Bizarroïde ! Dans un univers où les paysages, les objets et les personnes sont toutes et tous des logos (!), deux policiers Bibendum traquent un truand à l’effigie de Ronald McDonald. Une course-poursuite effrénée s’engage dans les rues. Pressé par les deux flics, McDonald a soudain un accident qui le contraint à prendre un enfant en otage dans un restaurant… Mais au même moment, un gigantesque tremblement de terre fait son apparition et commence à tout détruire dans la cité ! Quelques personnes tentent de s’organiser pour survivre face à cette apocalypse «imprévue»… Loufoque, barré, hystérique, … Logorama est un peu tout ça. Mais subversif est certainement l’adjectif qui lui colle le mieux à la peau ! Au fond, que voit-on pendant ces seize minutes ? Une violente course-poursuite, certes. Mais la vraie violence est ailleurs… Dans les 3000 logos (environ) qui phagocytent la ville et les êtres vivants qui la composent ! L’individu n’est plus qu’une image sans personnalité, victime d’un marketing féroce qui l’oppresse et ne lui laisse plus aucun espace d’expression ni de création ! La surconsommation domine le monde et le mène au bord du chaos, tel un monstre créé par un savant fou qui n’a plus le moindre contrôle sur lui ! La décadence d’une société industrielle qui s’est perdue dans la quête du progrès et de la modernité et qui n’a trouvé que le modernisme (l’illusion de la modernité), voilà ce que l’on voit véritablement pendant ces seize minutes. Si vous voulez savoir la différence précise que je fais entre les deux notions de modernité et modernisme, je vous renvoie à ma chronique sur le film Le Mariage de Tuya (de Wang Quan’an). Pour le reste, on s’amusera à reconnaitre les nombreuses marques pullulant sur l’écran et on se régalera également avec le doublage français. Omar Sy et Fred Testot (le fameux tandem Omar et Fred) font un show d’enfer… Mention spéciale au second et à la voix qu’il «compose» pour Ronald McDonald ! Une divertissante, belle et intelligente découverte qui ne fait que confirmer une chose dont je suis depuis longtemps persuadé: le cinéma français devrait davantage accentuer ses efforts dans les genres de l’animation et du court-métrage plutôt que de rester «cramponné» à la sacro-sainte comédie ! De nombreux talents restent encore trop méconnus, à l’image de Maximilien Royo, l’un des animateurs de Logorama et dont je vous avais déjà parlé dans un précédent article: L’Ame seule ----- Petits Pois / Carottes (2 courts-métrages de Cédric Berthier, Jean-Sébastien Leroux et Maximilien Royo). L’animation et le court-métrage… Il faut favoriser ces deux pépinières à fort potentiel (les mettre plus en valeur par le biais de festivals et programmations télé visibles, améliorer les formations en place et en proposer de nouvelles, …) ! Cela permettrait peut-être à la France de revenir sur le devant de la scène internationale…