Crossworlds

Crossworlds

Voilà un bien étrange film… C’est presque un "inavouable" pour moi… Ma définition d’un "inavouable" ? C’est un film qu’on aime malgré sa mauvaise réputation (mauvais film, nanar, …) et plein de défauts "techniques" (effets spéciaux un peu fauchés, ellipses scénaristiques trop présentes, …). Crossworlds (La Clé des mondes parallèles ou La Guerre des mondes parallèles ou Les Rescapés, en français) est une œuvre de science-fiction méconnue qui, si elle avait eu plus de moyens financiers et matériels, aurait pu être un véritable chef-d’œuvre ! Malgré des effets spéciaux inégaux et certaines légèretés dans la mise en scène, ce film reste (pour moi) un divertissement d’excellente facture qui me captive toujours autant à chaque fois que je le regarde ! Il faut dire qu’il n’est pas si "inavouable" que ça… Prenez la distribution (le point fort du film): Rutger Hauer (encore lui, toujours aussi charismatique !), Stuart Wilson (excellent lui aussi !), Andrea Roth (une habituée des téléfilms) et… Jack Black (dans l’un de ses premiers rôles - assez secondaire, il est vrai) ! C’est quand même du beau monde, non ? Les décors sont également de très bonne qualité, de même que la B.O., classique mais en parfaite adéquation avec l’ambiance générale dégagée par l’œuvre. D’ailleurs, revenons un peu sur l’histoire qu’elle propose: un jeune étudiant immature, Joe Talbot, se retrouve embarqué malgré lui dans une guerre dont l’enjeu est un mystérieux cristal qui, associé à un sceptre, a la pouvoir d’ouvrir la porte d’un monde parallèle ! Notre jeune "héros", réticent dans un premier temps, va devoir accepter son destin et son rôle majeur dans ce conflit qui le conduira sur les traces de son père, disparu dans d’étranges circonstances… Avec son atmosphère un brin "post-apocalyptique" (ça ne répond pas vraiment à la définition pure du post-apocalyptique… C’est plutôt mon ressenti, notamment par rapport à certains choix de lieux comme, entre autres, le désert ou la casse.), Crossworlds fourmille d’excellentes scènes et de trouvailles scénaristiques astucieuses (la scène de l’ascenseur - que j’adore -, les combats "spatio-temporels" entre A.T. et Ferris et Joe et Ferris, le "retour à la case départ" pour Joe vers la 38ème minute, …) jalonnant le parcours initiatique de Joe ! Le film entremêle habilement scènes lentes (avec souvent de très très bons dialogues, non dénués d'humour !) et scènes d’action pour maintenir une certaine tension jusqu’au final (assez prévisible, je le concède). Sans oublier quelques rebondissements bien sentis ! Et que dire de certaines similitudes entre cette oeuvre et le célèbre Matrix (sorti quelques années après)... A ce sujet, deux choses précises m'interpellent : premier point, la ressemblance frappante du trio composé de A.T., Laura et Joe avec celui de Matrix - Morpheus, Trinity et Neo - ! A.T. et Morpheus sont des guides charismatiques, Laura et Trinity des guerrières et Joe et Neo des "élus"... Troublant. Tout comme mon second point : la scène de la fête étudiante de Crossworlds et la scène de la boîte de nuit dans Matrix ("Suis le lapin blanc...") sont assez proches l'une de l'autre ! Laura y rencontre Joe pour la première fois, tente de lui en apprendre plus sur la vérité et l'emmène voir A.T. comme Trinity aborde Neo, aiguise sa curiosité et l'incite à rencontrer Morpheus... On pourrait aussi parler de la scène où A.T. et Joe se sentent (et sont) observés devant le musée et la mettre en parallèle avec diverses petites séquences de Matrix dans lesquelles Neo est observé en permanence par des humains "contaminés" par les fameux agents, du trio d'"êtres maléfiques" dans la scène d'entrée de Crossworlds et des trois agents qui harcèlent l'équipe de Morpheus dans le film des frères Wachowski, de la faculté commune que Ferris et Smith possèdent à savoir passer d'un monde à l'autre (ou se téléporter) à volonté, ... Que les choses soient bien claires, je ne parle pas de plagiat ! Juste de similitudes étranges qui me font dire que Crossworlds a peut-être influencé Matrix... Bref. Hormis une petite réflexion sur le lien étroit entre confiance en soi et destin (pour pouvoir prendre son destin en main, il faut savoir offrir sa confiance aux autres et donc, d'abord, avoir une certaine estime de soi !), La Clé des mondes parallèles demeure avant tout un excellent divertissement (je me répète !) "sans prise de tête" qui laisse parfois entrevoir une ambition inachevée faute de moyens techniques et financiers plus importants… Dommage… Mais à voir quand même !