Voilà maintenant une semaine que l'acteur britannique Pete Postlethwaite est décédé à l'âge de 64 ans... Ce qui est bien jeune ! Surtout pour un acteur qui pouvait apporter encore beaucoup au cinéma ! Plus connu de visage que de nom, il était un peu le roi des grands seconds rôles. Après une première partie de carrière plutôt axée sur des films engagés et/ou de très grande qualité, il s'était tourné vers des films plus "grand public" tout en conservant son exceptionnel jeu d'acteur. J'ai eu la chance de voir la plupart de ces films, mais quatre d'entre eux sont pour moi de véritables trésors ! Je ne parlerai pas ici de The Constant Gardener que j'ai déjà chroniqué et qui fait partie de Mon Top 30 Films... Je ne parlerai pas non plus, honte à moi, du film Les Virtuoses... Pour la simple raison que je ne l'ai toujours pas vu ! Une erreur que je vais réparer dès que possible ! En attendant, voici trois autres oeuvres dans lesquelles vous pouvez admirer celui que Steven Spielberg considérait comme "le meilleur acteur du monde":

Au nom du père

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Au nom du père est un film engagé du réalisateur irlandais Jim Sheridan racontant l’histoire vraie de Gerry Conlon (et de son entourage), accusé et emprisonné à tort pour avoir soi-disant participé aux attentats des pubs de Guilford (1974, en Angleterre) et torturé physiquement et psychologiquement par les autorités britanniques en guerre à l’époque contre le terrorisme et l’IRA provisoire… Des proches de Conlon, famille et amis, ont subi la même injustice et le même déchaînement de violence de la part de la "justice" britannique. Le père de Gerry, Patrick "Giuseppe" Conlon, mourut d’ailleurs en prison en 1980 des suites d’une maladie pulmonaire… En 1989, après avoir réuni de nouveaux éléments d’importance capitale, l’avocate Gareth Pierce put faire appel et permettre la libération de ces pauvres malheureux, désignés coupables à tort par la Grande-Bretagne qui désirait des résultats rapides sous la pression de l'opinion publique… Des excuses publiques ont été faites par Tony Blair… en 2005 ! ! ! Cette injustice, bien que très médiatisée, était loin d’être un cas isolé ! ! ! Mais arrêtons le cours d’histoire ici. Si vous désirez en savoir plus, allez lire quelques textes sur le conflit britannico-irlandais pour en mesurer l’incroyable complexité… De la curiosité, que diable ! Revenons au film ! Sa simplicité et son élégance dans la réalisation n’ont d’égal que les interprétations passionnées des actrices et acteurs du film, Daniel Day-Lewis, Pete Postlethwaite (qui trouve là très certainement son plus grand rôle) et Emma Thompson en tête ! Le thème de la famille est également très présent dans Au nom du père et notamment, comme son nom l’indique, la relation père-fils. Mais c’est avant tout un film sur la justice, la liberté, l’emprisonnement (et ses conditions) et la torture. Il fallait oser faire un tel film… Une œuvre majeure du cinéma britannico-irlandais ou irlando-britannique, comme vous voulez !

Usual Suspects

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Que de récompenses pour ce polar devenu cultissime ! Cette histoire de malfrats de haut vol piégés par un criminel légendaire du nom de Keyser Söze (l’un des méchants les plus charismatiques du cinéma mondial !) a pour principal atout son brillant et complexe scénario. Construit comme un grand flash-back, Usual Suspects est un de ces films ludiques durant lequel le spectateur essaie de trouver l’identité du coupable ou d’un autre personnage. Qui est Keyser Söze ? Les suspects sont nombreux, les indices laissés par les auteurs du film trompeurs… La révélation, lorsqu’on voit le film pour la première fois, est saisissante ! N’oublions pas la distribution, second grand atout du film: Gabriel Byrne, Kevin Spacey, Benicio Del Toro, Chazz Palminteri (un habitué des films de gangsters, un peu à contre-emploi ici puisqu’il joue le rôle d’un flic !) et bien sûr Pete Postlethwaite, le célèbre et mystérieux Kobayashi… L’homme de main de Söze ! Concernant ce dernier personnage, son importance est capitale dans le film puisqu’il "génère" une partie du charisme et du mystère de Söze ! Sa présence et son rôle d’intermédiaire donnent au Keyser une certaine forme de matérialité tout en le laissant tapi dans l’ombre… D’autres grands acteurs sont présents mais la liste est trop longue pour tous les citer (je vous renvoie à la fiche technique du film via le lien associé au titre). Comment deviner l’identité du grand méchant lorsque l’on a en face de soi des acteurs de cette trempe, tous capables d’interpréter un personnage aussi énorme ? Le défi est de taille pour le pauvre spectateur… Une ambiance sombre, un univers mafieux assez original sur lequel plane une présence aussi menaçante que fantomatique (alors que d’habitude, le méchant est toujours connu et à visage découvert dans les films de mafia) et une histoire bien interprétée, pleine de rebondissements et donc captivante font de Usual Suspects l’un des meilleurs polars de tous les temps !

Alien 3

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Episode polémique de la célèbre saga "xénomorphique" (désolé pour le néologisme), Alien 3 reste cependant mon opus préféré… Et de très loin ! David Fincher (Seven, Fight Club, Panic Room, …) ne veut plus voir ce film apparaître sur sa filmographie officielle et c’est une chose que je ne comprends vraiment pas. D’une part, il s’agit là de sa première réalisation ! ! ! Penser à lui pour clore une saga aussi géniale qu’Alien (à l’époque, le quatrième film n’était pas du tout prévu)… Il devrait être fier de ce bébé ! D’autre part, que reproche-t-il à son film (hormis les conditions de tournage chaotiques, c’est vrai) ? Il est techniquement excellent et supérieur à tous les autres: distribution de très haute qualité (le tout juste regretté Pete Postlethwaite, Charles Dance, Charles S. Dutton [excellent dans son rôle de "prisonnier-guide"] et bien sûr Sigourney Weaver), réalisation et mise en scène aussi crépusculaires qu’originales (il suffit pour s'en convaincre de voir la scène où les survivants tentent d’attirer l’alien vers la fonderie… Vraiment culte !), photographie très léchée qui participe à l’ambiance post-apocalyptique, … Le scénario est très bon et revient aux sources du film culte de Ridley Scott (un seul alien presque "invisible" qui terrorise de pauvres petits humains). James Cameron a beau critiquer Alien 3, sa participation à la saga reste la plus faible et la moins originale avec son Aliens beaucoup trop tourné vers l’action pure et dure ! Tout comme dans le film Predator, on peut voir dans Alien 3 un parallèle entre l’humain et la bête. Et ceci est surtout remarquable dans cet épisode précis de la saga ! Les protagonistes sont des criminels violents et dégénérés (pour certains) aussi dangereux que le monstre de Giger lui-même, Ripley a le crâne rasé (ce qui la déshumanise un peu et la rapproche même physiquement de son antagoniste), aucune arme très "high-tech" pour affronter l’alien, … La fin du film (attention, spoiler !) est intéressante si l’on reste dans cette thématique: en se tuant, Ripley tue l’alien qui est en elle et donc la part monstrueuse de son humanité ! C’est une forme de rédemption ! Mais Alien 3 reste avant tout un film angoissant, prenant et fascinant que je place un peu au-dessus des premier et dernier films de la tétralogie et clairement loin devant le deuxième volet (qui reste tout de même assez bon). Une valeur sûre.

EN SAVOIR PLUS:

Pour ceux qui désirent en savoir plus sur la vie et la très belle filmographie de Pete Postlethwaite, vous pouvez visiter les deux pages Internet ci-dessous:

Pete Postlethwaite - Wikipédia

Pete Postlethwaite - Comme au Cinéma